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« Le plus puissant de tous les leviers, c’est la volonté. » Félicité de Lamennais
Quand une place publique porte le nom d’un héros de guerre, elle devient révérence et référence à la fois. Ils sont nombreux ces rappels à un bain de sang auquel une personnalité politique ou militaire a réussi à mettre fin. Par contre, les références dans la géographie urbaine à Jean Monnet et Robert Schuman se font plus rares. Apparemment ce qui ne fait pas couler de sang ne fait pas couler beaucoup d’encre.
Compréhensible d’une certaine manière puisque le conflit qui n’a pas eu lieu représente aussi peu d’intérêt pour le journal de 20 heures que le train qui arrive régulièrement à l’heure. Avec l’Europe, c’est pareil. Ce que l’Europe fait bien n’est pas nécessairement spectaculaire, ne retient pas l’attention de nos citoyens et ce qui va mal au plan économique et social lui est souvent imputé même si elle ne dispose pas des compétences lui permettant d’agir dans le sens souhaité… Loin d’être parfaite, elle est cependant meilleure que la réputation que d’aucuns veulent bien lui faire.
Un constat cependant : l’Europe se vend mal, ce qui constitue un défi à relever pour les prochaines élections européennes. De plus les élections législatives nationales qui se tiennent le même jour risquent de faire ombrage au scrutin européen.
Ce double handicap va peser sur la campagne. N’est-ce pas une raison pour redoubler d’efforts? La crise économique actuelle dont les retombées sont encore incertaines, replace le politique au coeur du débat. D’aucuns y voient un retour en force de l’Etat dans l’économie, ce qui s’avère être indispensable dans le court terme. En fait, le retour de l’Etat est étonnant tant par sa rapidité que par son ampleur et ce d’autant plus qu’il n’a été ni précédé ni accompagné par la moindre préparation idéologique. Le même pragmatisme qui naguère encore présidait aux politiques économiques et financières de nos Etats-membres a fait découvrir aux décideurs politiques de tous bords l’impérieuse nécessité de faire intervenir l’Etat, le seul acteur à même, dans l’immédiat, d’arrêter l’hémorragie et de rétablir la confiance notamment dans les rapports interbancaires.
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