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Seul le texte allemand fait foi.

Notre analyse de la situation

Pendant la dernière législature, le gouvernement a abordé certains problèmes sociétaux  de manière très hésitante, contradictoire et insuffisante. La loi sur la nationalité qui rend toujours difficile à nos concitoyens étrangers d'acquérir la nationalité luxembourgeoise doit être modifiée. Une discussion sur le droit de vote des étrangers a été effleurée, mais pas menée véritablement. La politique de l'immigration et du droit d'asile n'a pas été transposée systématiquement dans tous les ressorts. Une loi sur l'avortement a été adoptée qui ne croit pas les femmes capables de décider librement et les met même sous tutelle. Le projet de loi   dont le but est de donner aux couples homosexuels le droit de se marier et d'adopter des enfants n'a avancé que de manière hésitante. Le droit du divorce devait être réformé, mais, dans ce domaine aussi, les travaux ont souffert des chamailleries des partenaires de coalition. La relation entre l'État et les communautés religieuses doit faire l'objet d'une nouvelle réglementation. Mis à part un rapport et un débat public qui n'a apporté aucun résultat, les choses n'ont guère bougé. Une véritable politique de protection des données n'a pas réussi à dépasser les débats initiés par l'opposition au sein de  la Chambre des députés et n'est guère été traduite par le gouvernement.

Au cours des années à venir, nous voulons clarifier les situations et tenir compte de l'évolution de notre société. Nous avons pleinement confiance en les personnes et en ce qu'elles sont capables de décider pour elles-mêmes. Nous faisons confiance aux citoyens, quelle que soit leur nationalité, en ce qu'ils peuvent décider eux-mêmes dans quelle mesure ils veulent s'impliquer dans la vie en communauté dans notre société. Nous nous opposons expressément à une politique de tutelle et d'exclusion. Nous représentons une politique sociétale qui respecte le libre épanouissement et la diversité des personnes. Le DP représente une société libre et ouverte. Nous voulons que chacun puisse participer à la vie publique et s'impliquer activement dans notre société.

Que fera le DP dans les années à venir?

Continuer de positionner le Luxembourg comme un pays ouvert

Le Luxembourg a toujours été un pays d'immigration et un carrefour où les cultures européennes se rencontrent. Au cours des dernières décennies, le moteur de cette immigration a été l'économie en forte expansion qui a amené des dizaines de milliers de travailleurs des couches sociales et cultures les plus diverses au Luxembourg. Cet aspect multiculturel est aujourd'hui un élément de l'identité luxembourgeoise et une des forces de notre pays. Des secteurs économiques importants, comme la place financière internationale ou l'université et la recherche apprécientl'ouverture et la tolérance de la société luxembourgeoise. Le DP estime que, ces dernières décennies, l'intégration des étrangers dans la société luxembourgeoise a été satisfaisante dans la comparaison internationale. Pour que cela reste le cas à l'avenir, nous devons cependant relever  une série de défis.

Réduire les barrières linguistiques dans le système scolaire

Le pourcentage élevé d'élèves issus de l'immigration pose de grands défis au système scolaire luxembourgeois. Beaucoup d'enfants ne parlent pas suffisamment le luxembourgeois quand ils sont scolarisés et ont donc des problèmes scolaires dès le début. Le DP veut réagir à cette situation et introduire un soutien linguistique systématique dans l'éducation précoce et la maternelle pour les enfants issus de l'immigration. Dans le domaine de l'accueil des enfants, chaque crèche devra à l'avenir proposer un groupe d'encadrement en langue luxembourgeoise pour pouvoir bénéficier d'une convention avec l'État. Pour les enfants qui sont tout de même scolarisés en ayant des problèmes avec la langue, le DP fera examiner par des projets si le concept de l'alphabétisation bilingue peut y remédier.

Ne pas susciter de faux espoirs dans le cadre de l'immigration de crise

Un nombre croissant de concitoyens étrangers, avant tout des pays du Sud de l'UE, fortement touchés par la crise financière et économique, veulent tenter leur chance au Luxembourg. Une fois ici, beaucoup d'entre eux doivent cependant constater que le marché du travail luxembourgeois n'offre pas de réelles perspectives. Cette situation provoque souvent des cas de rigueur. Le DP veut que l'ADEM mène une politique d'information plus proactivesur les possibilités d'emploi sectorielles et qu'elle adresse ces communications aux groupes cibles au Luxembourg et à l'étranger.

Favoriser la coopération internationale avec les pays de l'immigration

Nous entretiendrons des relations privilégiées dans les domaines de la politique, de l'école, de la culture et du sport avec les pays dont proviennent un grand nombre d'immigrants, ce qui permettra aux Luxembourgeois de mieux connaître leurs concitoyens étrangers. C'est avant tout dans le domaine de l'école qu'une coopération étroite avec les pays d'origine pourrait mener à des plans d'études adaptés, permettant une meilleure intégration des enfants étrangers dans notre école.

Garantir des procédures d'asile rapides mais justes

Par le passé, le Luxembourg a été confronté à de nombreuses reprises à des vagues de demandes d'asile. Ces variations fortes ne diminueront pas à l'avenir. Pour pouvoir garantir des procédures rapides, mais tout de même justes, l'administration doit disposer d'une gestion du personnel flexible, qui lui permet d'obtenir du personnel additionnel dans un court délai. Le DP veut examiner si les structures de logement ouvertes peuvent être une alternative au centre de rétention, notamment en cas de rapatriement de familles. Ce serait un empiètement moins grand sur les libertés des demandeurs d'asile. Le DP veut que les demandeurs d'asile puissent exercer un travail d'utilité publique qui leur garantit un quotidien structuré et une certaine indépendance des aides sociales.

Ne pas compliquer inutilement l'accès à la nationalité luxembourgeoise

Nous simplifierons les dispositions pour acquérir la nationalité luxembourgeoise. Nous voulons notamment fixer les connaissances linguistiques nécessaires à un niveau ni inférieur ni supérieur à celui des autres pays européens. Nous fixerons la durée de résidence à cinq ans.

Renforcer la participation politique des concitoyens étrangers

Nous pensons qu'à la longue, il n'est pas sain que près de la moitié de la population, des personnes avec qui nous vivons et travaillons tous les jours, soit partiellement ou intégralement exclue des droits politiques. Nous nous sommes prononcés clairement pour octroyer à nos concitoyens étrangers les mêmes droits qu'aux Luxembourgeois pour les élections européennes et communales. Nous pensons toujours qu'il est nécessaire de mener un débat sur l'extension du droit de vote actif et passif aux élections nationales et que ce débat doit être terminé en 2016. À côté des questions juridiques et constitutionnelles à clarifier, cette discussion doit être menée avec les Luxembourgeois de manière intensive, objective et dans le respect mutuel. Tous les partis doivent s'engager à aborder cette thématique sans polémique. Nous pensons que le critère de la durée de résidence doit être plus sévère que celui de la réforme de la loi sur la nationalité que nous avons proposée. Les concitoyens étrangers qui remplissent ces critères et se font inscrire sur la liste électorale doivent aussi respecter le vote obligatoire comme les Luxembourgeois.

Mettre fin à la tutelle des femmes dans le domaine de l'interruption volontaire de grossesse

Nous regrettons que le gouvernement se soit laissé pousser par des positions dogmatiques dans le cadre de la réforme de la loi sur l'interruption volontaire de la grossesse. Pour le DP, un conseil obligatoire, tel que prévu par le gouvernement, constitue toujours une tutelle inacceptable, quelles que soient les circonstances. Nous pensons que les femmes doivent avoir le droit de prendre elles-mêmes la décision d'interrompre ou non une grossesse. Nous voulons donc améliorer la loi en vigueur et introduire une règle sur les délais qui permet aux femmes de décider librement de la possibilité d'une interruption de grossesse jusqu'à la 12e semaine de grossesse. Après la 12e semaine de grossesse, un médecin doit décider de la possibilité d'une interruption de grossesse, si un problème est diagnostiqué qui met gravement en danger la santé physique ou mentale de la femme. Contrairement à ce que les détracteurs d'une telle règle aiment affirmer, il est prouvé que la mise en place d'un délai ne provoque pas une hausse des avortements.

Donner les mêmes droits aux couples homosexuels dans tous les domaines

Nous voulons enfin donner aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels dans tous les domaines. Nous introduirons donc la possibilité du mariage pour les couples homosexuels. Lors de la discussion sur le droit de l'adoption, le Conseil d'État a affirmé clairement que les mêmes droits doivent être applicables aux couples hétérosexuels et aux couples homosexuels en matière d'adoption. Nous apporterons  les changements nécessaires à l’actuel  projet  de la loi et l'adopterons le plus rapidement possible à  la Chambre des députés.

Compréhension pour les personnes transsexuelles et intersexuelles

Les personnes transsexuelles et intersexuelles sont souvent exposées à une grande pression psychique et rencontrent souvent l'incompréhension et le rejet de leurs concitoyens. Nous voulons combattre toute forme de discrimination sur le fondement de l'identité sexuelle. De plus, nous examinerons dans quels domaines nous pouvons aider les personnes transsexuelles et intersexuelles, notamment en matière de démarches administratives qui impliquent la détermination du sexe (p. ex. carte d'identité...).

Aide aux personnes handicapées

Par la ratification de la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, le Luxembourg s'est engagé à simplifier la vie quotidienne aux personnes handicapées et à leur permettre de s'intégrer dans notre société. Malgré la ratification de cette convention et un plan d'action dans ce domaine, les personnes handicapées sont encore trop souvent confrontées à des infrastructures non adaptées, y compris dans la sphère publique. Pour y remédier et appliquer pleinement la convention, nous nous engageons à mettre en œuvre l'adaptation systématique de toutes les infrastructures publiques aux besoins des personnes handicapées. Les personnes handicapées concernées doivent être impliquées activement dans ce processus.

En matière d'éducation et de formation, le DP plaide pour la mise en place d'un système éducatif intégratif. Les conditions en sont aussi bien une plus grande ouverture de l'école régulière aux enfants et adolescents handicapés qu'une réforme fondamentale de l'éducation différenciée.

À notre avis, pour assurer une véritable intégration de nos concitoyens handicapés dans notre société, les mentalités doivent aussi changer en matière d'emplois. Au-delà des ateliers protégés qui ont fait leurs preuves, il faut faire plus d'efforts pour intégrer davantage les personnes handicapées au marché du travail classique. Les initiatives sociales (p. ex. initiative « job coaching ») qui tentent de rapprocher les personnes handicapées du marché primaire du travail doivent être soutenues. Les pouvoirs publics pour leur part doivent servir de modèle et embaucher plus de personnes handicapées conformément aux dispositions légales.

Continuer de lutter contre la violence domestique

Au cours des prochaines années, le DP fera le bilan des lois relatives à la violence domestique et au harcèlement moral et sexuel et les améliorera si nécessaire. Le DP améliorera notamment l’encadrement des enfants ainsi que des femmes et des hommes concernés par la violence domestique. Nous adapterons en outre la formation de la police dans le cadre de la mise à l’écart du domicile conjugal du conjoint violent.

Réforme du droit du divorce

Le DP veut réformer le droit du divorce. Nous voulons aider les couples par des procédures administratives et juridiques simples et claires.  Nous voulons dans tous les cas garder les intérêts des enfants à l’esprit et étendre le droit de garde aux deux parents. Les couples doivent pouvoir divorcer si la vie en commun n’est plus possible. Nous voulons réformer le droit du divorce de sorte à éviter  dans la mesure du possible les procès blessants.

Nouvelle réglementation de la relation entre les communautés religieuses et l'État

Le DP estime que les relations entre l'État et les communautés religieuses, telles qu'elles sont réglées aujourd'hui, ne correspondent plus à notre époque. La foi fait partie de la sphère privée et l'État doit donc rester neutre dans les questions touchant à la religion. La Constitution doit fixer les valeurs libérales sur lesquelles repose notre vie en communauté : liberté d'expression, tolérance et liberté de croyance. Cette dernière concerne aussi bien la décision libre d'adhérer à une communauté religieuse que celle de refuser une telle profession de foi. Le DP se prononce en faveur du principe de la séparation de l'église et de l'État.

Le DP se prononce en faveur d'une révision des conventions actuellement applicables entre l'État et les communautés religieuses, afin de garantir le principe de la neutralité de l'État en matière religieuse. Toutes les communautés religieuses doivent être traitées de la même manière et les relations doivent être réglées, également en matière financière. Cela signifie que toutes les communautés religieuses qui ont conclu une convention avec l'État, y compris les structures actuelles telles que les fabriques de l'église catholique et les organisations qui lui sont proches, se soumettent à un audit sous la surveillance de la Cour des comptes et divulguent le montant de leur capital. La loi sur les fabriques d'église doit être réformée. Si l'État veut conclure des conventions avec des communautés religieuses et éventuellement les soutenir financièrement, il doit le faire en toute transparence et avec l'accord de la Chambre des députés. Des critères clairs doivent régler dans quelles circonstances une communauté religieuse reçoit le statut de communauté religieuse reconnue. Ces critères doivent reposer sur le respect de notre Constitution, nos lois, la Convention européenne des droits de l'homme et l'ordre public. Le DP ne s'oppose pas à d'autres modèles de financement (comme p. ex. en Allemagne) qui reposent sur des contributions spécifiques des membres des différentes communautés religieuses.

Abolir l'éducation religieuse, introduire l'éducation aux valeurs

Nous abolirons l’éducation religieuse actuelle, parce qu’elle ne correspond pas à la neutralité souhaitée de l’État. Le DP introduira une éducation aux valeurs qui traite toutes les religions et philosophies de manière objective.

La traduction a été effectuée par Christine Schmit (www.christineschmit.com)