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Seul le texte allemand fait foi.

Notre analyse de la situation

La hausse des prix de l'énergie préoccupe les citoyens et les entreprises. La politique énergétique est à la fois politique de concurrence et politique sociale. Les entreprises ayant une consommation d'énergie intensive dépendent de prix stables et de bonnes infrastructures. Les citoyens veulent trouver un moyen d'échapper au piège des prix de l'énergie et ne pas dépenser une part toujours plus importante de leur revenu pour chauffer leur logement. Les objectifs en matière de protection du climat pour lesquels le Luxembourg s'est engagé demanderont des moyens financiers considérables.

Nous sommes encore très loin d'atteindre nos objectifs en matière de protection du climat. Comme dans d'autres domaines, une stratégie fait défaut. La politique énergétique touche à de nombreux autres ressorts politiques, mais les efforts dans les différents ressorts n'ont jamais été réunis dans une stratégie globale. Les politiques en matière d'économie, d'environnement, d'aménagement du territoire, d'impôts, d'agriculture, de logement et d'énergie sont parfois élaborées en ignorant les autres ou ne sont coordonnées que de manière hésitante. Le dynamisme fait défaut et une véritable politique énergétique n'est pas visible.

Le DP a salué l'étude Luxembourg Renewable Energy Sources (Luxres), qui a été menée il y a quelques années et a élaboré une analyse des potentiels dans le domaine des énergies renouvelables pour le Luxembourg. Il est plus que décevant qu'une stratégie n'ait pas été élaborée sur le fondement de cette étude, comme exigé par le DP. Il manque aujourd'hui encore un examen de la rentabilité des différentes options et un plan de mise en œuvre concret avec des projets, des calculs des coûts et des calendriers clairs. La Fédération des Artisans a calculé que le potentiel du marché jusqu'en 2020 se chiffre à près de 650 millions d'euros, rien que pour l'artisanat.

Nous considérons que les technologies environnementales et énergétiques sont un domaine d'avenir important pour notre site économique. Des technologies automobiles à l'immotique, l'efficacité énergétique, les réductions des coûts de l'énergie et les processus de production ménageant les ressources sont visés partout. Si nous voulons profiter de cette chance pour notre site économique, nous devons immédiatement emprunter de nouvelles voies.

Actuellement, les pouvoirs publics sont les principaux promoteurs de la politique de protection du climat. À l'aide de subventions ou d'autres avantages de l'État, des incitations ont été créées par le passé qui, vues globalement, n'ont eu qu'un faible impact sur l'atteinte des objectifs en matière de protection du climat, malgré de très grands efforts sur les plans financier et bureaucratique. Le principal motif est que les subventions ont été largement utilisées à l'aveuglette, au lieu d'être utilisées en premier lieu là où elles pourraient atteindre les meilleurs résultats sur les plans énergétique et social. La politique des subventions de l'État et des communes doit donc être remise en question.

De plus, l'État et les communes n'ont pas assumé le rôle de modèles qu'on aurait pu attendre dans le cadre des objectifs nationaux fixés : p. ex. ces dernières années, il n'a été qu'insuffisamment investi, et avec un rythme trop lent, dans l'assainissement énergétique des bâtiments publics. Dans le secteur privé, malgré les subventions et les avantages fiscaux, il n'a été investi dans les énergies renouvelables que de manière très hésitante et pas dans la mesure nécessaire pour atteindre les objectifs nationaux en matière de protection du climat.

Que fera le DP dans les années à venir?

Développer une stratégie énergétique

Pour que nous puissions atteindre durablement nos objectifs en matière d'efficacité énergétique et d'expansion des énergies renouvelables, nous élaborerons une stratégie énergétique qui, sur le fondement de l'étude Luxres et de données mises à jour, relie un catalogue de mesures à un calendrier concret, des analyses de rentabilité et des attributions de responsabilité claires. Nous voulons discuter de cette stratégie énergétique avec tous les acteurs, citoyens, communes, entreprises, producteurs d'énergie et exploitants de réseaux et l'utiliser comme fondement de notre politique énergétique. À nos yeux, il n'est pas suffisant d'élaborer des plans d'allocation nationaux sans plans de mise en œuvre concrets.

Création d'une banque climatique

Nous créerons une banque climatique. Aux yeux du DP, outre l'objectif primaire de faire baisser les émissions de CO2, la politique de protection du climat doit maintenir le pouvoir d'achat des citoyens, renforcer les entreprises et l'économie, créer de nouveaux emplois et assurer les emplois existants. Pour atteindre ces objectifs, il faut un acteur indépendant, tourné vers le marché et capable de faire de grands investissements, tels que la banque climatique. Grâce au préfinancement de leurs investissements dans l'efficacité énergétique de leur logement et leurs installations de production à l'aide d'une banque climatique, nous pouvons aider les ménages et les entreprises à sortir du piège des prix de l'énergie. La banque climatique pourrait aussi être un instrument intéressant pour l'économie (recherche, développement, construction...) et la place financière.

Préfinancer au lieu de subventionner

Le modèle du préfinancement signifie l'abandon du modèle des subventions actuel. Tandis que les subventions ne couvrent qu'une partie d'un investissement et constituent une dépense publique irrévocable, le modèle du préfinancement va nettement plus loin, parce qu'il peut financer un investissement à 100 % et parce que les sommes préfinancées sont remboursées au fil du temps, de sorte qu'elles ne constituent qu'une dépense publique temporaire et non définitive. Les remboursements peuvent être effectués selon le modèle « pay as you save » ou par paiements partiels (p. ex. pour les nouvelles constructions, etc., voir l'établissement de crédit pour la reconstruction en Allemagne), les taux d'intérêt pouvant être échelonnés selon des critères sociaux et/ou écologiques en fonction de la situation.

Un interlocuteur pour la planification, le financement et le contrôle

Étant donné que la banque climatique est censée travailler de manière proactive, et puisque le DP estime qu'il est judicieux d'avoir à l'avenir un seul interlocuteur pour les citoyens, les entreprises et les collectivités publiques, la banque climatique doit travailler en collaboration étroite avec les conseillers énergétiques privés et publics et les artisans, sans qu'une interface additionnelle ne soit créée pour le demandeur. À l'avenir, tous les acteurs doivent disposer d'un interlocuteur central, où un projet peut être planifié, financé et contrôlé du début à la fin.

Promouvoir l'expansion des énergies renouvelables par des instruments nouveaux

D'après les calculs de la Fédération des Artisans, 830 millions d'euros doivent être investis au cours des prochaines années, si nous voulons atteindre l'objectif d'une part de 11 % d'énergies renouvelables jusqu'en 2020. Nous voulons aborder cet objectif de manière systématique : la banque climatique ne cofinancera non seulement des investissements dans les bâtiments, mais doit aussi apporter un nouvel élan aux domaines où les forces du marché ne sont pas suffisantes, du moins pour le moment. La banque climatique aura plusieurs tâches : elle accompagnera les investissements dans l'expansion ou le développement de technologies dans le domaine des énergies renouvelables, mettra à disposition du capital-risque aux start-ups ou aux entreprises actives dans le domaine des énergies renouvelables (voir le cluster du ministère de l'Économie), réunira les investisseurs pour de grands projets et proposera des assurances ou des garanties pour des investissements utiles mais comportant de grands risques (« de-risking »). L'objectif déclaré de la banque climatique doit être de faire progresser l'innovation, la recherche et le développement dans le domaine des énergies renouvelables.

Mise en œuvre du programme d'assainissement des bâtiments anciens grâce à la banque climatique

Les ménages aux revenus faibles vivent souvent dans des bâtiments aux coûts d'énergie élevés, en raison d'une isolation et d'installations de chauffage insuffisants. Cependant, les instruments de soutien existants passent presque totalement à côté de ces ménages, étant donné qu'ils ne couvrent qu'une partie de l'investissement et que le reste doit être payé par les ménages eux-mêmes. En conséquence, les instruments de soutien actuels échouent là où il serait possible d'obtenir les plus grands gains en matière de CO2 avec le moins de moyens et les plus grands gains sur le plan sociopolitique. Nous initierons un programme d'investissement dans le cadre du programme d'assainissement des bâtiments anciens proposé par le DP à l'aide d'une banque climatique à créer, qui profite particulièrement aux PME du secteur de la construction et assure des milliers d'emplois. Dans le cadre de ce programme d'investissement, nous fixerons des objectifs clairs que nous voulons atteindre chaque année dans les domaines respectifs.

Les pouvoirs politiques doivent être des exemples

À nos yeux, le Pacte Climat que le gouvernement veut mettre en œuvre avec les communes est voué à l'échec, d'une part, parce qu'il est construit sur une base volontaire et, d'autre part, parce qu'en réalité, les communes ne disposent pas des ressources administratives nécessaires à une mise en œuvre optimale du Pacte Climat. Nous constatons par ailleurs qu'il n'existe pas actuellement de normes claires concernant les classes de performance énergétique ou les normes énergétiques à respecter pour les bâtiments publics, en ce qui concerne les édifices étatiques et communaux, mis à part les exigences minimales prévues par la loi. Il faut des objectifs obligatoires pour l'État et les communes en ce qui concerne l'efficacité énergétique ou la part d'énergies renouvelables dans la production et la consommation d'énergie. Nous voulons y remédier dans le cadre de la stratégie énergétique susmentionnée, à l'aide d'un programme d'investissement public financé en grande partie par la banque climatique ou le « contracting énergétique ».

Pour tous les bâtiments publics, une surveillance énergétique étendue sera mise en place, en combinaison avec le dépouillement technique et scientifique des données de consommation, afin d'identifier les points faibles dans le fonctionnement de chaque bâtiment, d'élaborer des mesures d'amélioration, de réduire le besoin d'énergie et de réduire ainsi les frais de fonctionnement et les émissions de CO2. Les ressources financières à disposition peuvent ainsi être utilisées de manière ciblée là où une économie maximale peut être atteinte par des moyens financiers minimaux. De plus, il sera possible de découvrir les points faibles tenant au fonctionnement qui peuvent souvent être réparés à faible coût. L'exploitation des bâtiments efficace en matière énergétique constitue un élément important de la future politique énergétique et ne peut, en fin de compte, être atteinte que par les mesures décrites. Les pouvoirs publics doivent enfin assumer un rôle de modèle en la matière.

Soutenir de manière ciblée, exiger de manière juste

Si nous voulons atteindre nos objectifs en matière d'efficacité énergétique, nous devons maîtriser durablement la consommation énergétique excessive par une réforme fiscale écologique. En attendant, nous mettrons à disposition les instruments de soutien susmentionnés, pour que chaque ménage ait une chance juste de s'adapter à la nouvelle situation.

Promouvoir les emplois verts

Si nous voulons réellement réaliser cet élan d'innovation en matière énergétique au cours des années à venir, nous avons besoin de spécialistes, de l'artisan à l'ingénieur. Nous voulons donc promouvoir ces professions dans les écoles, dans les universités et dans les services de placement et proposer des formations et des formations continues, parce que nous voyons de grandes chances d'avenir pour notre jeunesse dans ce domaine.

Les mesures nationales doivent bénéficier de la priorité absolue

Le DP estime que les investissements effectués par le gouvernement dans les « Clean Development Mechanism » et « Joint Implementation » n'étaient pas transparents et préoccupants sur le plan écologique. Nous devons tirer des leçons des erreurs du passé et mieux utiliser les moyens financiers, respectivement les utiliser pour des investissements dans notre site économique.

Un choix ciblé des sites des centrales énergétiques nécessaires sur la base des technologies de l'énergie renouvelable

Des centrales énergétiques adéquates sont une condition préalable au développement économique du Luxembourg. Pour le DP, il faut miser de plus en plus sur les centrales produisant une énergie renouvelable et les installations de distribution (p. ex. installations de distribution d'électricité, de gaz et de chaleur). À l'avenir, le Luxembourg aura besoin de planifications claires avec un choix des sites scientifiquement approuvé, permettant de réaliser rapidement ces infrastructures en tenant compte des zones de protection naturelles précieuses.

Investissements dans les réseaux électriques et les capacités d'emmagasinage

Si nous voulons promouvoir les énergies renouvelables d'une part, nous devons d'autre part créer les conditions techniques pour des réseaux électriques sûrs et modernes. Dans ce cadre, nous soutenons expressément les investissements dans l'expansion du réseau électrique et du gaz ou encore l'élargissement de la centrale à accumulation par pompage à Vianden, effectués par Creos ou la SEO.

Promouvoir l'électricité provenant d'énergies renouvelables

Nous examinerons l'efficacité et la rentabilité des instruments de soutien existants, notamment pour les installations solaires, la production de biogaz ou les éoliennes et nous les adapterons régulièrement.

Les biocarburants ne sont pas une source d'énergie durable

Aux yeux du DP, en raison de leur bilan énergétique négatif et des nombreux problèmes concernant l'agriculture et les pays du tiers-monde, les biocarburants ne sont pas une source d'énergie durable et renouvelable.

Non à l'énergie atomique

Le DP estime que, du point de vue luxembourgeois, l'énergie atomique n'est pas une solution pour l'avenir.Notre objectif doit être d'augmenter l'efficacité énergétique et d'aider les énergies renouvelables à s'imposer. Les investissements dans les énergies renouvelables ou dans le domaine de l'efficacité énergétique doivent être prioritaires. Les conflits d'intérêts doivent être évités. Par ailleurs, il faut garantir la sécurité de la population et des générations à venir, que ce soit en matière de sécurité des réacteurs ou de stockage définitif des matières radioactives. Le DP s'engagera au niveau européen pour ces objectifs.

Promouvoir la mobilité électrique

Le gouvernement s'est fixé comme objectif de voir circuler sur les routes luxembourgeoises 40 000 véhicules électriques en 2020. Malheureusement, le gouvernement n'a guère contribué à atteindre cet objectif, de sorte qu'il est aujourd'hui irréaliste. Nous pensons cependant que la mobilité électrique a toutes ses chances dans un petit pays. Les courtes distances sont idéales pour ce type de véhicule. Nous voulons donc étendre et promouvoir la mobilité électrique avec des investisseurs privés et utiliser les chances que la mobilité électrique donne à la recherche et au développement.

Préparer la sortie du tourisme à la pompe

Nous voulons développer une stratégie à long terme pour organiser la sortie du tourisme à la pompe sans conséquences négatives pour les recettes de l'État. Cela signifie qu'à l'avenir, nous ne payerons plus de dépenses courantes à l'aide des recettes du tourisme à la pompe et que nous investirons au fur et à mesure les recettes du tourisme à la pompe dans la transition énergétique, quand de nouveaux moyens financiers deviennent disponibles.

Grands scrupules face à la technologie CCS et au « fracking »

Le DP pense que la technologie du « carbon capture and storage », qui entend submerger le CO2 dans les couches géologiques profondes, et le « fracking », une technique dont le but est de détacher le gaz de schiste des couches de roche schisteuse à l'aide de produits chimiques et d'eau sous haute pression, n'ont pas encore fait leurs preuves et comportent des risques considérables pour l'environnement, que nous ne sommes pas prêts à courir.

La traduction a été effectuée par Christine Schmit (www.christineschmit.com)