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Seul le texte allemand fait foi.

Notre analyse de la situation

Une espérance de vie en hausse, une entrée de plus en plus tardive dans la vie active, des naissances en baisse et moins de personnes engagées dans la vie active qui doivent soutenir de plus en plus de retraités, une sortie de la vie active souvent (trop) anticipée ; tous ces facteurs posent des défis énormes à notre système des retraites. Indépendamment de la croissance économique, si la législation ne change pas, les réserves des retraites qui sont actuellement encore élevées seront totalement épuisées dans environ 20 à 25 ans. Le système des retraites deviendra déficitaire. Il faudra alors soit massivement augmenter les cotisations, soit réduire considérablement les prestations.

D'après les pronostics actuels, pour pouvoir assurer durablement notre système des retraites sous les conditions actuelles, environ 1,3 millions de salariés devraient travailler au Luxembourg en 2050. 50 ans plus tard, ce chiffre aura passé à 7,2 millions. Cette perspective suffit à elle seule pour illustrer à quel point il est urgent d'agir et que cette urgence subsiste malgré la réforme récente du gouvernement. Le DP n'est pas prêt à accepter une politique des retraites au détriment des générations à venir. Il l'a clairement exprimé à la Chambre des députés par le passé et était le seul parti à avoir voté contre des hausses additionnelles des retraites. Dans le domaine des retraites avant tout, la politique a l'obligation de prendre dès aujourd'hui les bonnes mesures pour garantir aux générations à venir des prestations vieillesse finançables et sûres.

Le DP a voté contre la réforme des retraites adoptée le 5 décembre 2012, parce qu'elle ne va pas assez loin. Il partage certes le principe fondamental de la réforme que toute personne qui travaille plus longtemps devrait recevoir une retraite plus élevée. Les paramètres auxquels s'oriente la réforme planifient cependant sans tenir compte de la réalité. La réforme du gouvernement est fondée sur un seul modèle de croissance, d'autant plus très irréaliste. Les années de crise passées ont montré qu'une croissance économique moyenne de 3 %, telle que pronostiquée par le gouvernement, ne pourra pas être atteinte. Le résultat est que le besoin de financement du système des retraites est nettement plus élevé que prévu. De plus, il a été critiqué que les dépenses du système des retraites continuent de monter (p. ex. par l'ajustement). Ce n'est que quand le système commence à basculer (les dépenses dépassent les recettes et la réserve des retraites passe au-dessous du seuil légal de 1,5x les dépenses annuelles) que les prestations sont réduites et que les contributions sont augmentées. La réforme des retraites du gouvernement laisse donc passer du temps précieux et gaspille de l'argent, et ce au détriment des générations à venir.

Que fera le DP dans les années à venir?

Continuer de lutter systématiquement contre la précarisation des personnes âgées

Par le passé, le DP s'est engagé pour la lutte systématique contre la précarisation des personnes âgées. Nous continuerons de nous engager dans ce domaine. Par conséquent, nous maintiendrons le système des retraites existant, non sans modifier des paramètres importants.

Ne pas limiter la marge de manœuvre financière des générations à venir

L'un des avantages importants du site économique luxembourgeois sont les charges sociales modérées sur les salaires. Le DP veut une réforme dans laquelle les hausses des cotisations ne sont pas une condition indispensable de la survie du système des retraites. Nous ne voulons pas limiter davantage la marge de manœuvre économique des générations à venir. Celui qui vote DP estime que toutes les générations, y compris les retraités actuels, doivent contribuer à une réforme des retraites. Le DP est convaincu que les grands-parents qui touchent aujourd'hui une pension de retraite ne veulent pas vivre aux frais de leurs petits-enfants. L'inertie ou une réforme des retraites hésitante ne signifient non seulement des pensions nettement plus basses et des cotisations plus élevées ou encore des charges sociales supplémentaires pour les générations à venir. Elles signifient aussi que nous devons produire chaque année une croissance économique forte, ce qui entraîne de nouveau des frais consécutifs considérables.

Ne pas augmenter l'âge de la retraite, augmenter la durée de la vie active

Nous ne voulons pas augmenter l'âge légal de la retraite de 65 ans, car une telle augmentation se ferait au détriment des personnes qui exercent un travail physiquement éprouvant. En revanche, nous voulons analyser l'amélioration de la durée de la vie active ensemble avec les partenaires sociaux et faire le bilan de l'efficacité des instruments existants. En font partie les règles existantes en matière de retraite anticipée, la possibilité des comptes-épargne temps, les règles flexibles en matière de préretraite progressive, les règles relatives à l'invalidité et les méthodes modernes de placement du personnel de l'ADEM. Le DP veut mieux utiliser et valoriser l'expérience des chômeurs âgés. À l'aide de ces instruments, nous voulons exercer une influence positive sur le marché du travail.

Réorienter fiscalement les instruments de la prévoyance individuelle

La prévoyance individuelle des personnes a été omise dans la dernière réforme des retraites. Les dispositions légales existantes relatives aux pensions d'entreprise et aux pensions complémentaires n'ont eu qu'un succès relativement modeste jusqu'à maintenant. Nous voulons par conséquent examiner et améliorer le cas échéant les dispositions légales et fiscales, pour que les personnes qui veulent avoir une pension supérieure à celle que le système public peut fournir, puissent assurer leur propre prévoyance par des instruments séduisants. Nous ne voulons pas favoriser les personnes qui ont des revenus très élevés qui disposent de toute manière de moyens financiers suffisants pour assurer leur propre prévoyance et qui ne dépendent pas des allègements fiscaux, mais avant tout les personnes ayant des revenus bas et moyens.

Aborder la problématique du partage des droits de pension

À ce jour, le concept du partage des droits de pension (splitting) n'a pas encore été abordé systématiquement, au détriment de beaucoup de personnes qui n'ont pas cotisé ou pas cotisé suffisamment. Nous nous engageons pour qu'à l'avenir, les couples puissent choisir entre une pension de survie et le partage des droits de pension. Pour les femmes ou les hommes qui, bien qu’ils aient cotisé pendant toute leur carrière, passent au-dessous du niveau de la pension minimale, la pension est augmentée. Si les époux ou les partenaires enregistrés ont choisi le partage des droits de pension, les droits de pension du mariage ou du partenariat sont répartis à parts égales aux deux partenaires. Le droit de pension de veuve ou de veuf est exclu dans ce cas, mais les droits de pension ainsi acquis subsistent en cas de remariage. En règle générale, ce système entraîne des droits de pension individuels plus élevés pour la femme.

Individualiser le système des retraites

Nous voulons examiner sous quelles conditions nous pouvons individualiser le système des retraites et introduire une assurance obligatoire, qui puisse compenser à l'avenir les interruptions dans la carrière professionnelle ou les réductions du temps de travail. L'objectif est que les femmes qui sortent totalement ou partiellement de la vie active pour des raisons familiales puissent obtenir des droits de pension individuels.

Échelonner le forfait d'éducation selon des critères sociaux

Nous voulons réformer le forfait d'éducation (« Mammerent ») et, à l'avenir, ne plus le verser qu'aux femmes dans le besoin. Même si nous reconnaissons pleinement le travail d'éducation accompli par les mères, nous pensons que le budget public ne doit pas promouvoir une « politique de reconnaissance », mais utiliser les recettes fiscales selon des critères sociaux.

La traduction a été effectuée par Christine Schmit (www.christineschmit.com)