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Seul le texte allemand fait foi.

Notre analyse de la situation

Le système de santé  luxembourgeois fait partie des plus généreux, mais aussi des plus chers au monde. En raison de l'évolution démographique et de l'augmentation de l'espérance de vie, les coûts liés à la santé monteront en flèche au cours des années à venir. Chacun doit être conscient qu'un système de santé  fonctionnant à un niveau élevé a son prix. Jusqu'à maintenant, la caisse nationale  de santé n'a pas encore eu de grands problèmes financiers, étant donné que la hausse du nombre de salariés a entraîné une hausse des cotisations versées. Toutefois, ces prochaines années, ce ne sera plus le cas. Tout comme les pensions, le système de santé  ne peut pas être financé durablement par une hausse de l'emploi.

À l'avenir, nous devons investir de manière plus ciblée et plus efficace dans notre système de santé, pour garantir une qualité élevée des prestations et pour éviter une dégradation des prestations ou des hausses des cotisations.

Cela vaut aussi pour l'assurance-dépendance : ce pilier important de notre système social devra faire face à des coûts énormes au cours des années à venir, en raison de l'espérance de vie croissante. En 2010, près de 11 500 personnes ont bénéficié des prestations de l'assurance-dépendance. D'après les estimations du ministère compétent, ce chiffre s'élèvera à 18 000 en 2030. Pour l'assurance-dépendance aussi, le catalogue des prestations actuel doit être réexaminé et adapté si nécessaire. Nous voulons rendre le système plus efficace, pour éviter la dégradation des prestations ou des augmentations additionnelles des cotisations.

Que fera le DP dans les années à venir?

Éviter les augmentations des cotisations

Pour le DP, il est clair que notre système de santé  doit rester finançable. Nous voulons renoncer aux hausses des cotisations dans la mesure du possible et tout faire pour éviter les dépenses (administratives) inutiles. Pour ne pas imposer une charge additionnelle aux personnes et ne pas faire baisser davantage le pouvoir d'achat, nous voulons maintenir les cotisations des assurés au niveau actuel. En outre, nous veillerons à ne pas augmenter les contributions des patrons pour des raisons de compétitivité.

Endiguer les abus

Les experts estiment qu'environ 200 millions d'euros du  budget de la caisse de santé sont liés à des quittances et des factures erronées ou établies incorrectement. Le DP étendra les moyens personnels de la CNS pour pouvoir endiguer de tels abus. Pour mieux pouvoir lutter contre l'abus de la carte de sécurité sociale à l'avenir, le DP se prononce en faveur de l'introduction de cartes contenant la photo et la signature du titulaire.

Pas d'extension du principe du tiers payant

La santé est notre bien le plus précieux. Cependant, la santé et un bon système de santé  ont leur prix. Afin d'inciter une prise de conscience à ce sujet, le DP se prononce contre une extension supplémentaire et une généralisation du principe du tiers payant. Parallèlement, le remboursement rapide des dépenses liées à la santé doit être garanti.

Faire le bilan du concept du médecin référent

Le DP fera le bilan du concept du médecin référent pour examiner son utilité et l'adapter si nécessaire.

Faire avancer la spécialisation des hôpitaux

La plus grande part des dépenses de notre système de santé  est généré par les hôpitaux.. Vu l'évolution actuelle des coûts des hôpitaux, il faut trouver de nouvelles voies pour garantir leur financement. Pour pouvoir maintenir durablement le système sans compromis en matière de qualité, le DP estime qu'il est nécessaire de pousser les hôpitaux vers une plus grande spécialisation. Tous les hôpitaux ne peuvent pas proposer toutes les opérations et thérapies possibles. Nous ferons donc progresser la création de centres de compétence et de groupes de spécialistes dans les différents hôpitaux. Les hôpitaux spécialisés ne permettront non seulement d'économiser de l'argent, mais fourniront aussi de meilleurs résultats aux patients (p. ex. un centre national pour le cancer).

Dans ce contexte, le DP plaide pour une définition claire des missions et des tâches des différents hôpitaux. À l'avenir, les dépenses qui ne correspondent pas à ces critères ne seront plus prises en charge par la caisse nationale de santé.

Budget en fonction des prestations fournies au lieu d'un budget global

Le DP pense que la performance de notre système hospitalier peut être améliorée par une adaptation de la législation. Actuellement, les hôpitaux reçoivent un budget global par an qui doit leur permettre de couvrir leurs frais. Le résultat est que la même intervention médicale entraîne des coûts différents dans des hôpitaux différents. Dans le but d'atteindre une meilleure efficacité en termes de coût en maintenant la même qualité médicale, nous ne voulons plus mettre un budget global à disposition des hôpitaux à l'avenir, mais calculer le budget en fonction des prestations fournies.

Étendre les soins ambulants

Ces dernières années, des efforts ont été entrepris pour faire augmenter les soins ambulants, qui étaient cependant trop hésitants et non ciblés. Dans les domaines qui le permettent, le DP étendra davantage les soins ambulants, notamment en ce qui concerne les opérations et les soins postopératoires. Il convient également d'examiner la pratique d'hospitaliser les patients dès la veille de l'intervention chirurgicale.

Créer des synergies entre les hôpitaux

Nous voulons que les hôpitaux coopèrent davantage entre eux. À notre avis, il est indispensable de créer un système informatique unique pour tous les hôpitaux, qui ne permettra non seulement de réduire les coûts, mais aussi d'effectuer une comparaison analytique entre les différents établissements. D'autres services (analyses, repas, etc.) peuvent également être organisés de manière centralisée.

Mieux mesurer et documenter la qualité

La qualité de nos hôpitaux est sans doute bonne. Si nous n'obtenons que des résultats médiocres dans les études comparatives internationales, cela tient au fait qu'au Luxembourg, la culture du mesurage et de la documentation de la qualité n'est pas encore bien développée partout. Par conséquent, nous introduirons au niveau national une standardisation des outils informatiques, une standardisation et informatisation des dossiers des patients et une standardisation de toutes les procédures médicales selon des critères reconnus, ainsi qu'une codification étendue des informations statistiques.

Réformer le service d'urgence et de remplacement

Le service d'urgence et de remplacement des médecins en dehors des hôpitaux doit être réformé. Pour décharger les services d'urgence des hôpitaux, les personnes qui n'ont que des troubles légers doivent être encouragées à s'adresser en premier lieu à leur médecin de famille. À cette fin, le service de remplacement en dehors des hôpitaux doit être renforcé, aussi bien en ce qui concerne les moyens que la disponibilité 24 heures sur 24 et sept jours par semaine. Dans ce contexte, le DP s'engage aussi pour la création d'une maison médicale à l'Est du pays.

Le service de remplacement dans les hôpitaux doit être réformé dans le dialogue avec les acteurs concernés, de sorte qu'il puisse être garanti qu'un nombre suffisant de médecins spécialisés (pédiatres, dentistes, etc.) soit à disposition pendant le service de garde. À notre avis, il est nécessaire de réfléchir sur une majoration pour les consultations entre 18h00 et 22h00 et sur une meilleure rémunération du service de garde.

Le DP veillera aussi à ce qu'une équipe de médecins d'urgence compétents soit à disposition des citoyens à tout moment et dans toutes les régions du pays.

Réformer les services de secours

Nous constatons un manque de secouristes et d'ambulanciers expérimentés et formés, auquel il doit être remédié de manière urgente. Le DP veut donc réformer les services de secours. À l'avenir, un service de secours commun, composé de toutes les unités de la protection civile, des sapeurs-pompiers, notamment des sapeurs-pompiers professionnels de Luxembourg-Ville, et des sapeurs-pompiers bénévoles doit être à disposition de tous les citoyens. Nous soutiendrons de manière professionnelle le travail des bénévoles et améliorerons leurs conditions de travail.

Nous renforcerons et simplifierons la collaboration transfrontalière avec nos pays voisins en matière de soins médicaux urgents (par la route ou par hélicoptère). Le rapport du groupe d'experts a révélé que la centrale d'appel doit être modernisée d'urgence et qu'elle requiert du personnel bien formé. Nous nous engageons également pour un sauvetage aérien efficace au niveau national.

Mieux guider l'établissement de nouveaux médecins

Ces dernières années, de nombreux médecins étrangers se sont établis au Luxembourg, avec la conséquence que, dans certaines régions, l'offre dépasse largement le besoin médical réel de la population. Le DP veut que l'établissement de nouveaux médecins soit guidé de manière plus ciblée par la CNS. Si l'offre dépasse les besoins médicaux réels, les nouveaux médecins qui s'installent ne doivent plus être conventionnés. Un tel système de contrôle n'a aucunement comme objectif de limiter l'accès des patients à de bons soins médicaux, mais de contribuer à ce que l'offre soit mieux adaptée aux besoins de la population. Un contrôle ciblé ne doit pas se limiter aux médecins, mais peut aussi s'appliquer à d'autres prestataires médicaux (p. ex. les physiothérapeutes).

Renforcer le droit des patients

Pour le DP, un droit des patients qui fonctionne est une priorité importante dans le cadre de l'amélioration qualitative de notre système de santé . Pourtant, le projet de loi actuel ne satisfait personne. Le DP veut donc faire retirer le texte et élaborer un nouveau projet en dialogue avec les personnes concernées.

Une culture de la qualité et de l'information pour les patients

Ensemble avec les médecins et les hôpitaux, nous promouvrons une nouvelle culture de la qualité et de l'information en faveur des patients. À l'aide d'évaluations internes et externes, la satisfaction des patients doit être mesurée et des propositions d'amélioration concrètes doivent être élaborées.

Modifier la nomenclature

Les procédures lourdes doivent être remaniées et simplifiées. Le DP veut adapter la nomenclature des actes médicaux et dentaires, ainsi que les nomenclatures des professions techniques-médicales, à l'évolution de la médecine.

Promouvoir les techniques d'aide à la procréation

Nous voulons promouvoir les techniques d'aide à la procréation, comme p. ex. l'insémination artificielle homologue ou la fécondation in vitro, pour permettre aux couples stériles d'avoir des enfants. Nous ne voulons pas légiférer sur les conditions d'accès à ces techniques, mais miser plutôt sur la relation de confiance entre le médecin et son patient.

Loi cadre concernant la recherche sur les cellules souches

Les conditions médicales et techniques, la qualification professionnelle des médecins, la situation juridique des cellules de procréation et des banques d'embryons, ainsi que l'utilisation d'embryons surnuméraires à des fins scientifiques requièrent une législation adéquate dont le Luxembourg ne dispose pas encore. Le DP s'engagera pour qu'une loi-cadre concernant la recherche sur les cellules souches soit élaborée au cours de la prochaine législature. Pour des raisons éthiques, le clonage humain reproductif est hors de question pour le DP.

Stratégie de prévention

Nous voulons promouvoir la prévention médicale et le dépistage précoce de maladies dans le cadre d'une stratégie globale. Nous voulons promouvoir, d'une part, un mode de vie et de travail sain et, d'autre part, le diagnostic et le traitement précoces. Dans ce contexte, nous accordons aussi une grande importance aux services de la médecine scolaire, dont le but est de dépister les problèmes de santé ou les problèmes psychiques de manière précoce chez les enfants par des examens pédiatriques.

Lutter contre le sida par la prévention

Malgré un bon travail d'information, le risque d'infection par le virus du VIH existe toujours. Pour le DP, le risque du sida ne doit en aucun cas être banalisé dans notre société. En dépit de tous les progrès en matière thérapeutique, les efforts de prévention et de sensibilisation doivent être maintenus, notamment dans les écoles. Dans ce contexte, le DP s'engage aussi pour une réforme de l'éducation sexuelle.

Des règles claires pour la médecine alternative

De plus en plus de personnes veulent avoir recours aux pratiques de la médecine alternative. Trop souvent, les contrôles de qualité font défaut dans ce domaine. Le DP est convaincu que la médecine conventionnelle doit rester la base de notre système de santé . Nous préconisons qu'à l'avenir aussi, seuls les médecins soient autorisés à établir des diagnostics et à délivrer des ordonnances. Nous voulons aussi que les pratiques non conventionnelles soient réglementées.

Poursuivre les efforts pour de meilleurs services de psychiatrie

Ces dernières années, de nombreux efforts ont été entrepris dans le cadre de la décentralisation des services de psychiatrie, entre autres par la mise en place d'une psychiatrique spécifique pour les enfants et les adolescents. Nous voulons poursuivre ces efforts là où c'est possible. En même temps, nous voulons contribuer à améliorer l'intégration sociale des personnes qui souffrent ou ont souffert de troubles psychiques.

Divers incidents ont montré que les personnes mises en examen ou condamnées par la justice qui ont été transférées de la prison au CHNP en raison de troubles psychiques n'ont pas pu être traitées de manière appropriée et qu'elles présentent de plus un risque de fuite élevé. À l'avenir, les personnes concernées devront être hébergées dans une nouvelle unité spéciale au sein du CHNP, strictement séparée des autres patients.

Mise en place d'un service de médecine légale

Le DP s'engage pour la création d'un service de médecine légale au sein du Laboratoire national de santé (LNS). L'objectif d'un tel service sera entre autres de traiter plus efficacement et plus rapidement les délits violents et sexuels.

Permettre plus de dons d'organes

En matière de don d'organes, notre législation prévoit un consentement automatique qui devrait théoriquement favoriser la disponibilité d'organes à transplanter. En dépit des dispositions légales applicables, en pratique, l'absence de déclaration n'est considérée ni comme un consentement ni comme un refus. Dans ce cas, les médecins interrogent la famille du défunt, ce qui met la famille dans une situation difficile, en raison des circonstances tragiques. Un refus du don d'organes en est souvent la conséquence. Pour en tenir compte, le DP fera inscrire le souhait d'être donneur d'organes ou non sur la carte de la sécurité sociale. De plus, il doit être indiqué sur la carte de la sécurité sociale si le titulaire a pris des dispositions de fin de vie ou rédigé une déclaration anticipée.

Aide adéquate pour les toxicomanes

En matière de drogues et de toxicomanie, le DP préconise une politique qui mise avant tout sur la prévention, l'encadrement et la réduction des risques. Étant donné que les nouveaux consommateurs de drogues sont de plus en plus jeunes, la prévention doit commencer dès l'école primaire par une campagne de sensibilisation à ce sujet. Nous élargirons l'offre des thérapies et assurerons un accompagnement plus étroit des toxicomanes. Étant donné que des structures comme « Tox-in », qui permettent aux toxicomanes de consommer leurs drogues dans des conditions hygiéniques adéquates, ont fait leurs preuves, nous nous engagerons pour la décentralisation de telles structures. En parallèle à une politique préventive en matière de drogues, le trafic des drogues doit toujours être combattu activement.

Éviter l'explosion des coûts de l'assurance-dépendance

Le budget de l'assurance-dépendance présente actuellement déjà un déficit. Les prochaines années, les dépenses monteront encore davantage en raison de l'évolution démographique. Le DP s'engage pour qu'à l'avenir aussi, une assurance-dépendance de qualité soit garantie. Nous voulons mener une discussion sociale large sur l'avenir de l'assurance-dépendance avec tous les acteurs concernés. Les solutions et idées générées ainsi devront ensuite être fixées dans un cadre légal et contribuer à assurer durablement une base financière saine pour l'assurance-dépendance.

La nomenclature de l'assurance-dépendance ne doit pas être trop rigide, pour empêcher que la flexibilité nécessaire en cas d'adaptation indispensable des prestations de l'assurance-dépendance ne fasse défaut.

Ces dernières années, en comparaison avec d'autres pays, le Luxembourg a créé un nombre de maisons de retraite médicalisées stationnaires supérieur à la moyenne. Pour pouvoir garantir le financement de l'assurance-dépendance à long terme, l'accent doit être mis davantage sur les soins ambulants.

Dans ce contexte, le DP promouvra aussi la création de résidences intégratives pour séniors. Ensemble avec les communes, nous créerons et promouvrons des formes de logement alternatives, telles que les communautés de séniors ou les centres intégrés pour personnes âgées. Le DP veut intégrer ces formes de logement alternatives pour les concitoyens âgés dans la planification des grands projets de lotissements. En outre, nous veillerons à ce que des services sociaux et médiaux optimaux soient à disposition à proximité immédiate.

Nous voulons qu'à l'avenir, les personnes qui soignent des membres de leur famille dépendants à domicile aient plus de temps pour le notifier à l'assurance-dépendance pour que celle-ci prenne en charge leurs cotisations de l'assurance pension. Le délai de cinq ans, applicable actuellement d'après la CNS, après lequel le droit au remboursement de cotisations se prescrit, doit devenir plus flexible.

La traduction a été effectuée par Christine Schmit (www.christineschmit.com)