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Seul le texte allemand fait foi.

Notre analyse de la situation

Le bilan du gouvernement en matière d'éducation est décevant. De nombreuses réformes mal ficelées ont provoqué de l'inquiétude auprès de tous les partenaires de l'école. Dans l'école fondamentale , l'introduction de l'enseignement par compétences sans formation ou formation continue du personnel enseignant à ce sujet a provoqué beaucoup d'insécurité et de doutes. De plus, les manuels et les matériels scolaires n'ont pas été adaptés. Il s'agit d'un défaut de naissance de la réforme de l'école fondamentale que même le plus grand engagement des enseignants n'a pas pu rectifier. De plus, faute de directives de la part du ministère, la réforme a été appliquée différemment dans chaque école.

Le travail administratif des enseignants s'est fortement accru par la réforme de l'école primaire, avec la conséquence que le temps précieux que les enseignants pourraient consacrer à la préparation des cours est gaspillé par les paperasses. En conclusion, nous sommes plus éloignés que jamais de l'objectif fixé, à savoir un meilleur soutien individuel de chaque élève.

Le DP s'engage pour les réformes nécessaires de notre système éducatif. Avec nous, il n'y aura cependant pas d'expérimentation au détriment des enfants, des enseignants ou d'autres partenaires de l'école. Avant d'initier des réformes, nous ferons effectuer au préalable une analyse scientifique des problèmes. Nous sommes convaincus que les réformes ne peuvent être abordées et mises en œuvre qu'une fois que les problèmes et leurs causes sont connus précisément. Nous examinerons en détail la mise en œuvre pratique des propositions de réforme.

D'après la conception libérale, le succès de l'école doit aussi être mesuré par le fait qu'elle donne à tous les enfants les mêmes chances de départ dans la vie, indépendamment de leur situation familiale ou socioculturelle. L'école luxembourgeoise reproduit et renforce cependant les inégalités sociales. Ce problème est connu et documenté scientifiquement au moins depuis la première étude PISA. La politique d'enseignement du gouvernement actuel a eu du mal à permettre des offres différenciées au sein de l'école publique, par exemple pour tenir compte des besoins particuliers des enfants issus de l'immigration.

Le DP veut refaire fonctionner « l'ascenseur social ». Les propositions dans ce domaine, notamment l'alphabétisation bilingue, qui aurait surtout permis une meilleure entrée dans notre système éducatif aux enfants francophones, ont cependant été refusées par le gouvernement.

Le DP veut s'éloigner des grands débats structurels, tels qu'ils ont été menés ces dernières années, et consacrer plus d’attention à la question de savoir qu'est-ce qui détermine concrètement la qualité de l'enseignement au quotidien. Dans ce changement de perspective, le rôle et les actes de l'enseignant occupent une fonction centrale. Des études internationales montrent que l'enseignant est un facteur clé dans le succès de l'apprentissage (« l'enseignant est déterminant »).

Pour le DP, les futures réformes de l'école doivent attaquer les problèmes à la racine et soutenir concrètement le processus d'enseignement et d'apprentissage dans les salles de classe. Le DP poursuit une stratégie ascendante qui considère les enseignants comme les partenaires les plus importants du développement de l'école. L'objectif reste un soutien aussi individuel que possible de l'élève. Il a été discuté trop longtemps de normes d'enseignement et de modèles d'évaluation dans des débats fictifs. Les écoles et la politique d'enseignement doivent de nouveau r se consacrer rapidement à la question de savoir comment ces objectifs peuvent être atteints concrètement.

Que fera le DP dans les années à venir?

Améliorer les chances de départ

L'éducation est l'élément clé pour une vie autonome et libre. Pour ce motif, nous considérons que l'éducation est un droit fondamental pour toutes les personnes, indépendamment de leur revenu, leur origine, leur couleur de peau, leur religion ou leur sexe. Un système éducatif performant et socialement équitable est décisif pour les chances de vie individuelles de nos enfants et, en même temps, une condition indispensable au succès économique et à la cohésion sociale dans notre pays. Les mêmes chances de départ dans la vie, une éducation de qualité et le renforcement des capacités individuelles de chaque enfant sont donc les points centraux de la politique d'enseignement libérale.

L'origine sociale ne doit pas décider du succès

Les comparaisons internationales montrent toujours que le succès dans notre système éducatif dépend fortement de l'origine sociale. Notre objectif est la création d'un système éducatif performant et socialement équitable dans lequel le principe du soutien individuel est réellement appliqué. Nous voulons permettre la réussite par l'éducation et atteindre une plus grande égalité des chances dans notre système éducatif. Nous voulons que, dès le début, chaque personne ait les mêmes chances de développer son potentiel individuel.

Renforcer l'autonomie des écoles

Pour améliorer durablement la qualité de notre système éducatif, le DP mise sur une plus grande autonomie pour nos écoles. À l'avenir, les décisions sur les contenus et les méthodes pédagogiques ne doivent plus être prises par la politique (ministère, Chambre des députés, gouvernement), mais par les experts sur le terrain. La politique pour sa part doit fixer des objectifs clairs et garantir une surveillance et une évaluation du travail dans les écoles. De plus, la politique se limite à garantir à tous les enfants des chances d'accès équitables au système éducatif public et assure son financement. À l'intérieur de ce cadre de qualité établi par l'État, les personnes concernées et les responsables sur place, dans les crèches, les écoles fondamentales et les écoles secondaires, savent le mieux comment construire une bonne offre éducative. Les décisions concernant le personnel, les finances, l'équipement et le profil du contenu doivent être prises de manière décentralisée dans un concours d'idées. En outre, la transparence en matière de méthodes et de résultats renforce la liberté de choix pour les parents et les élèves.

L'enseignement par compétences ne résout pas de problèmes à lui seul

Le soutien individuel de l'élève est au centre de notre politique d'enseignement. Le DP soutient les objectifs de l'enseignement par compétences. Toutefois, la façon dont ces objectifs seront atteints est totalement ouverte et requiert par conséquent un débat concret sur la conception individualisée de l'enseignement. Le DP soutient le principe de la diversité des modèles pédagogiques dans les écoles luxembourgeoises. Pour nous, l'enseignement par compétences n'est qu'un instrument parmi d'autres auquel l'enseignant peut avoir recours. Pour le DP, l'enseignement par compétences n'est pas un modèle didactique aux contours clairs et permet ainsi d'intégrer un grand nombre d'approches pédagogiques diverses. Nous voulons remanier les plans d'études actuels et réduire à un minimum les socles de compétences qu'ils contiennent, respectivement les limiter à quelques domaines fondamentaux. La transmission de la culture générale ne doit pas être négligée. Le système d'évaluation doit être considérablement simplifié, de sorte que le travail administratif des enseignants soit réduit à un minimum et lacompréhension des parents et des élèves soit garantie.

Améliorer le contenu de la réforme de l'enseignement secondaire

Le DP se prononce en faveur de l'introduction du tutorat dans l'enseignement secondaire. Le rôle que le tuteur doit assumer vis-à-vis de l'élève doit cependant être clairement défini si la collaboration entre l'élève et le tuteur doit porter ses fruits. Devant cette toile de fond le DP veut effectuer une analyse détaillée des projets de tutorat qui ont été initiés dans certaines écoles au cours des dernières années. Le DP plaide pour que le rôle du tuteur se concentre sur l'accompagnement et l'orientation de l'élève dans les questions scolaires. Le travail entre le tuteur et l'élève doit être structuré par le travail personnel et documenté dans un portfolio. Le travail doit se concentrer d'une part sur les intérêts et forces particuliers de l'élève qu'il faut encourager et, d'autre part, sur les faiblesses qui risquent de constituer des obstacles à l'orientation scolaire souhaitée pour l'élève. Le DP peut ainsi s’imaginer que le tutorat ne soit pas exclusivement réservé aux classes inférieures de l'enseignement secondaire.

En cas de problèmes extrascolaires, le tuteur doit être un interlocuteur pour l'élève et l'aider à surmonter les éventuelles réticences à contacter le psychologue scolaire. Le tuteur doit donc jouer un rôle important de coordinateur pour toute une série d'interlocuteurs (régent, psychologue scolaire, assistant social, etc.) qui sont à disposition de l'élève.

Améliorer l'ambiance dans les écoles et l'encadrement des élèves

Le DP pense que la direction de l'école doit essayer de garder la même équipe d'enseignants pendant les deux premières années du cycle inférieur. Il espère que cette mesure assure une meilleure ambiance dans l'école et unencadrement plus cohérent des élèves.

Enseignement individualisé

Le DP pense que le redoublement d'une année scolaire entière est une mesure non différenciée et peu efficace pour combler les lacunes scolaires d'un élève. Pour éviter le redoublement, il faut lutter contre les causes de l'échec scolaire. Au lieu de l'encadrement individuel des élèves dans les classes de raccordement, le DP veut garantir une plus grande individualisation de l'enseignement dans toutes les matières. Le DP estime par ailleurs que les lacunes scolaires doivent être comblées par des devoirs à domicile individualisés pendant l'année scolaire.

Rattacher les critères de promotion aux objectifs et programmes de l'enseignement

Le DP veut effectuer une analyse détaillée du système de compensation actuel, pour pouvoir discuter d'une réforme en pleine connaissance des conséquences positives et négatives de ce système. Pour le DP, le débat sur les critères de promotion ne peut pas être détaché du débat sur les objectifs éducatifs et les programmes scolaires.

Libre choix des matières

Le DP estime que les élèves doivent bénéficier d'une large liberté de choix de leurs matières. Un problème potentiel de cette manière de procéder est que, pour des motifs d'organisation, il se peut que les écoles ne soient pas en mesure de proposer toutes les combinaisons de matières. Le DP soutiendra donc les écoles pour qu'elles se dotent d'axes thématiques principaux afin de garantir au préalable aux élèves que des combinaisons de matières déterminées seront offertes. Toutefois, il ne suffit pas de donner la possibilité de choisir aux élèves. Les élèves doivent être préparés à cette décision et assistés. Le DP veut atteindre ces objectifs en mettant en place un système établissant unplan d'avenir individuel pour chaque élève. Le choix de la combinaison des matières du cycle supérieur doit ainsi être le résultat d'un long processus de réflexion de l'élève, auquel les parents et le tuteur sont étroitement associés.

Priorité de l'éducation au développement durable

Les Nations Unies ont déclaré les années 2005 à 2014 la décennie des Nations Unies pour l'éducation au service du développement durable. Des projets dans ce domaine ne sont que très sporadiquement organisés au Luxembourg. L'école fondamentale et l'enseignement secondaire doivent sensibiliser davantage aux sujets du développement durable. L'objectif de l'école doit être celui de favoriser dans l’enseignement les questions liées à la compréhension des relations complexes entre la mondialisation, le développement économique, la pollution de l'environnement, la qualité de vie, la santé et les relations sociales.

Améliorer la formation professionnelle

Ces dernières années, la bonne réputation de la formation professionnelle a malheureusement souffert. Cet échec tient entre autres à une réforme mal ficelée qui a rendu le système extrêmement compliqué et donc partiellement opaque aussi bien pour les élèves que pour leurs parents. Le DP s'engage pour une revalorisation systématique de la formation professionnelle. La formation professionnelle doit de nouveau être considérée comme une voie de formation positive. Nous veillerons à ce que la qualité du système soit améliorée, mais aussi à ce qu'il devienne plus compréhensible et plus clair. Au début d'une formation déterminée, aussi bien les élèves concernés que les parents doivent savoir quel diplôme leur enfant peut obtenir à la fin de cette formation et quelles perspectives professionnelles et, le cas échéant, quelles formations supérieures, notamment dans le cas des techniciens, y sont liées.

Régime préparatoire: de l'impasse au tremplin

Le régime préparatoire ne doit pas devenir une impasse de notre système éducatif, car l'orientation vers cette forme d'enseignement suit exclusivement une logique négative. Tous les élèves qui, en raison de lacunes scolaires, n'ont pas pu être admis dans d'autres voies d'enseignement, se retrouvent ici. Toutefois, les raisons de ces lacunes scolaires ne sont pas suffisamment prises en compte lors de l'orientation.

Les élèves du régime préparatoire requièrent une analyse détaillée de leurs problèmes scolaires. Sur cette base, lors de la première année du régime préparatoire, l'objectif de l'orientation en vue duquel il est travaillé doit être fixé avec l'élève et ses parents. Le programme de l'enseignement doit s'orienter aux objectifs fixés. A cette fin une étude approfondie doit être menée dans les meilleurs délais afin de déterminer dans quelle mesure cet objectif peut être atteint par une différenciation de l'enseignement ou si une réforme plus fondamentale du régime préparatoire est nécessaire. L'objectif doit être de procurer à un nombre aussi élevé que possible d'élèves du régime préparatoire une formation secondaire. En même temps, il convient d'identifier le plus tôt possible les élèves qui ne sont pas capables d'atteindre cet objectif. Pour ces élèves, l'enseignement doit se concentrer davantage sur des contenus orientés vers la pratique et les actions. De plus, pour ces élèves, l'orientation professionnelle doit être prioritaire et assistée par des stages.

Réforme de l'éducation différenciée

Le DP se prononce en faveur du principe de l'inclusion, selon lequel les enfants handicapés ou ayant des besoins scolaires particuliers devraient fréquenter l'école régulière dans la mesure du possible. Toutefois, pour mettre en œuvre efficacement le principe de l'inclusion, les écoles doivent être mieux soutenues dans leur travail. Le DP exige aussi bien une réforme approfondie de l'éducation différenciée, dont l'objectif doit être un lien plus étroit avec l'école régulière, qu'une amélioration de l'encadrement et du conseil par le médecin et le psychologue de l'école dans les écoles fondamentales.

Soutien linguistique précoce

Le système scolaire luxembourgeois repose fortement sur les langues luxembourgeoise et allemande. Les élèves francophones et lusophones notamment sont souvent dépassés quand ils sont confrontés aux deux langues lors de leur scolarisation. Notre système scolaire possède cependant le grand avantage que les enfants entrent en contact avec la langue luxembourgeoise dès l'éducation précoce et la maternelle (cycle 1). Le DP estime que ces deux à trois ans doivent être mis à profit pour un soutien linguistique précoce, pour donner aux élèves issus de l'immigration les connaissances linguistiques nécessaires en langue luxembourgeoise. De tels programmes doivent être développés et le personnel enseignant doit être formé ou bénéficier de formations continues.

Aussi bien les enseignants que les parents doivent être sensibilisés au fait que la scolarisation au Luxembourg demande des connaissances linguistiques déterminées. Pour le souligner, des socles de compétences en langue luxembourgeoise doivent être élaborés qui seront requis comme base pour suivre sans problème le programme scolaire du cycle 2.1. Toutefois, l'atteinte de ces socles de compétences ne doit pas être une condition pour la scolarisation. Ils serviront plutôt à fixer des objectifs qui doivent être atteints par un soutien linguistique intensifdans l'éducation précoce et dans la maternelle.

Permettre l'alphabétisation bilingue

Le DP estime que l'offre des écoles luxembourgeoises doit se différencier davantage en ce qui concerne la problématique linguistique. Une approche envisageable est l'alphabétisation bilingue. Des enseignants luxembourgeois ont élaboré un projet d'école bilingue, dans laquelle l'allemand et le français sont enseignés dès le début selon le principe de l'immersion et le principe « un enseignant, une langue ». Ce concept pourrait être bénéfique aussi bien pour les enfants luxembourgeois que pour les enfants issus de l'immigration. En même temps, une école bilingue pourrait également permettrede créer à la fin de l'école primaire une base linguistique commune pour uneorientation plus juste dans l'enseignement secondaire.

Promouvoir le multilinguisme autrement

Le DP défend le multilinguisme dans le système scolaire luxembourgeois et les normes linguistiques élevées dans l'enseignement secondaire. Toutefois, il ne doit pas y avoir de barrières linguistiques dans l'apprentissage des compétences techniques dans les matières non linguistiques. L'apprentissage des compétences techniques doit y être prioritaire. Pour tenir compte des connaissances linguistiques différentes des élèves et pouvoir soutenir les élèves de manière aussi individuelle que possible, une différenciation de la langue d'enseignement doit être proposée pour les matières non linguistiques. Le DP veut donner aux élèves une possibilité générale de choix de la langue d'enseignement.

Le DP revendique une réforme fondamentale de l'enseignement des langues dans nos écoles. L'enseignement doit être davantage axé sur l'aspect de langue étrangère, c'est-à-dire que l'allemand et le français doivent être systématiquement enseignés comme des langues étrangères, par analogie à l'anglais. En outre, une plus grande importance doit être accordée aux aptitudes communicatives (parler et écrire), sans cependant négliger les aspects structurels de l'enseignement des langues (grammaire, vocabulaire).

L'une des caractéristiques de l'enseignement secondaire luxembourgeois est le changement de la langue d'enseignement de l'allemand en français. Il convient de se poser la question de savoir si ce changement constitue un obstacle à l'assimilation de connaissances techniques ou non. Le DP fera effectuer une étude scientifique pour répondre à cette question.

Renforcer la liberté de décision des écoles et introduction d'un directeur d'école à l'école fondamentale

Des études internationales confirment que la direction de l'école joue un rôle clé dans le développement de la qualité des écoles. Les réformes ne peuvent être mises en œuvre que si les écoles bénéficient d'une grande liberté de décision et s'il existe en même temps des hiérarchies claires et une répartition claire des responsabilités au sein de l'école. En plus des structures horizontales, telles que les équipes pédagogiques, le DP se prononce en faveur de l'introduction dudirecteur d'école à l'école fondamentale , qui sera entre autres responsable de la mise en œuvre et du respect des plans d'études vis-à-vis du ministère et déchargera les enseignants du travail administratif.

Réformer la nomination du personnel enseignant

L'introduction de contingents d'enseignants dans l'école fondamentale est en réalité une réduction de personnel cachée. Ce sont surtout des projets locaux (Team-Teaching, etc.) ou l'intervention ciblée d'un enseignant auprès d'élèves ayant des besoins particuliers qui ont été victimes de cette réduction. Cette évolution est en contradiction totale avec les nouveaux défis que les écoles doivent relever. La politique des écoles en matière de personnel ne doit pas suivre des clés statistiques, mais tenir compte des circonstances locales particulières. Les experts sur place (enseignants, inspecteurs, responsables communaux) sont le mieux à même de reconnaître ces particularités. Voilà pourquoi, , le DP propose que les directeurs d'école que nous exigeons aient un droit de proposition pour la nomination du personnel enseignant. En cas de besoin, les experts sur place peuvent embaucher du personnel supplémentaire.

Renforcer l'importance de la didactique spécialisée et multiplier les offres de formation continue

La qualité de notre système éducatif est une préoccupation centrale pour le DP. Une bonne éducation et un bon enseignement ne sont pas possibles sans des enseignants bien formés, engagés et motivés. Pour donner aux futurs enseignants une formation complète de qualité, nous voulons renforcer l'importance de la didactique spécialisée au sein de la formation des enseignants et adapter le concept de formation pour qu'il permette un enseignement moderne, adapté à notre époque. En outre, nous voulons étendre et rapprocher de la pratique les offres de formation continue pour les enseignants déjà actifs, pour les soutenir efficacement dans leur préparation à de nouvelles tâches.

Renforcer les compétences pédagogiques et didactiques des enseignants de l'enseignement secondaire

Pour pouvoir garantir une bonne formation des enseignants de l'enseignement secondaire, le DP estime qu'il est nécessaire d’attendre des futurs enseignants des compétences pédagogiques et didactiques fondamentalesavant qu'ils ne commencent leur stage. Le DP pense que l'examen-concours ne doit non seulement tenir compte des connaissances techniques, mais également des aspects pédagogiques et didactiques spécialisés. Nous voulons donc que les candidats à l'examen-concours aient déjà suivi un certain nombre d'heures de cours de pédagogie et de didactique spécialisée avant de passer l'examen. L'Université du Luxembourg pourrait proposer ces cours.

Pour éviter que les futurs enseignants ne soient confrontés que tard dans leur formation aux réalités des écoles, le DP veut introduire un stage d'aptitude comme condition d’accès à une formation d'enseignant, aussi bien pour l'école fondamentale que pour l'enseignement secondaire. À la fin de ce stage, il ne doit cependant pas y avoir de constat définitif concernant l'aptitude ou l’inaptitude de l'étudiant à exercer le métier d’enseignant. L'objectif du conseil final sur l'aptitude, qui est effectué avec un tuteur, est la réflexion personnelle sur le choix des études et de la profession, ainsi que sur les forces et faiblesses personnelles.

Pour pouvoir mieux orienter la formation des enseignants, le DP veut faire analyser par des sondages réguliers auprès des enseignants à quels défis professionnels quotidiens ils ne sont qu'insuffisamment préparés pendant les études.

Introduire des experts en didactique spécialisée dans l’enseignement secondaire

Pour pouvoir fournir aux enseignants, en cas de besoin, de nouveaux contenus de didactique spécialisée sur la façon de mieux concevoir leur enseignement et de manière différente, le DP veut introduire des experts en didactique spécialisée à plein-temps dans l'enseignement secondaire. Dans l'école fondamentale , les inspecteurs devront de nouveau assumer ce rôle, après avoir cédé les tâches administratives à un directeur d'école.

Moderniser les manuels scolaires

Depuis les réformes dans l'école fondamentale et dans la formation professionnelle, des manuels adaptés et modernes manquent encore aujourd'hui dans de nombreuses matières. En conséquence, chaque enseignant doit s’approprier son propre matériel didactique sous sa propre responsabilité. Le DP veut impliquer des équipes d'enseignants locaux dans l'élaboration des nouveaux manuels, pour que ceux-ci correspondent aux programmes en vigueur.

Mettre à disposition des enseignants un pool complet de matériels didactiques

Pour permettre une diversité d'exercices différenciés et essayer des stratégies d'apprentissage différentes dans le cadre de l'enseignement individualisé, nous avons besoin d'un pool complet de matériels didactiques qui est librement mis à disposition des enseignants, mais aussi des élèves et des parents. La priorité ne doit pas être donnée à l'élaboration autonome du matériel didactique en préparation à une unité d'enseignement, mais à la réflexion sur le niveau de connaissances d'un élève déterminé et au choix adéquat des exercices. Le pool de matériels didactiques doit être enrichi en collaboration entre les différentes écoles et leurs experts en didactique, ainsi qu'avec le SCRIPT et l'université. De plus, la base de données doit pouvoir être consultée par Internet.

D'après le DP, les manuels doivent être conçus de sorte à prévoir des exercices différents pour chaque unité d'enseignement, qui varient en fonction de leur degré de difficulté. Les exercices faciles correspondent aux normes éducatives minimales, les exercices de difficulté moyenne aux normes standard et les exercices difficiles aux normes maximales fixées dans les plans d'études.

Réunir l'école et la famille

Pour que l'encadrement individuel de l'élève soit une réussite, l'école et la famille ne doivent pas être des espaces de vie séparés. L’enseignant doit concevoir le contact avec les parents comme partie intégrante de sa mission d’enseignement.

Les contraintes économiques et l’évolution sociétale font que , dans un nombre croissant de familles, les deux parents travaillent. Les besoins des familles monoparentales doivent également être pris en compte. Les défis pour les enseignants consistent, d'une part, à informer les parents sur l'évolution scolaire et, d'autre part, à mettre les parents à contribution en tant que partenaires. Les moyens classiques (tels que les réunions des parents) se sont avérés être peu utiles. Voilà pourquoi, de nouvelles voies au niveau de l’interaction entre enseignants et parents d’élèves doivent être empruntées.

L'implication des parents dans le processus scolaire doit être élargie dans l'école fondamentale luxembourgeoise. Ce n'est qu’en collaborant que les parents et les enseignants peuvent s’assurer d’un soutien optimisé des élèves. L'école et la famille ne doivent pas continuer à être des espaces de vie séparés l'un de l'autre.

Jusqu'à maintenant, dans la communication entre les enseignants et les parents, on a souvent commis l'erreur de n'établir le contact entre les deux parties qu'en cas de problèmes concrets. Le contact se limitait souvent à une communication négative. Pour maintenir le contact avec les parents, l'école et les enseignants, mais aussi les parents, doivent recourir aux moyens de communication modernes tels que les SMS et les courriers électroniques, ou encore un cahier de devoirs électronique. En cas de retard d'un élève ou d'absence de l'école, les parents doivent en être informés immédiatement par SMS.

Formation spécifique pour les enseignants pour mieux communiquer avec les parents d'enfants issus de l'immigration

Habituellement, pour les parents d'élèves issus de l'immigration, le système scolaire luxembourgeois avec ses exigences linguistiques leur est totalement étranger. Par exemple, beaucoup ne savent pas que la langue allemande est utilisée comme langue d'enseignement à partir de la première année de l'école fondamentale . La plupart du temps, les enfants ont des besoins particuliers (p. ex. compétences linguistiques). En même temps, les barrières linguistiques ou les différences culturelles bloquent l'échange avec l'enseignant. Les enseignants doivent recevoir une formation spécifique, pour mieux pouvoir conseiller et accompagner les parents étrangers.

Exiger un engagement ferme des parents

Malheureusement, les écoles rapportent de plus en plus de cas de parents qui refusent totalement leur mission éducative et abandonnent l'enseignant avec l'élève en ce qui concerne les questions d'éducation et d'enseignement. Les enfants en supportent les conséquences négatives. Le DP pense que, dans ces cas exceptionnels, l'école doit pouvoir exiger un engagement de la part des parents. Pour les cas où les parents n'accomplissent pas cette exigence, le DP estime que des sanctions financières peuvent être prises à l'égard des parents en dernier recours. Il faut cependant tenir compte des aspects sociaux, pour éviter que cette mesure n'empire davantage la situation des enfants.

La traduction a été effectuée par Christine Schmit (www.christineschmit.com)