Vous êtes ici

Seul le texte allemand fait foi.

Notre analyse de la situation

Pour le DP, le libre choix des modèles de vie doit être au centre de la politique familiale. Nous ne voulons pas imposer un modèle idéal de vie  commune, mais poser les bases pour que chacun puisse concevoir la vie de famille à sa façon. . Ce n'est donc pas une image toute prête de la vie en commun, mais l'égalité des chances, qui est au centre de notre politique familiale libérale.

Nous avons besoin d'une société qui accueille  les enfants et permettant  aux jeunes couples de réaliser ce désir. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible dans notre société actuelle.

Un jeune couple qui veut se construire une existence et fonder une famille est souvent confronté à des questions très concrètes. Comment payer un logement approprié ? Comment financer les coûts supplémentaires provoqués par une famille ? La décision de fonder une famille aura-t-elle des conséquences négatives sur la carrière professionnelle  ? Comment concilier la vie de famille avec la carrière professionnelle ? Quel centre d'accueil privé ou public choisir pour les enfants ? Les enfants y sont-ils bien encadrés ?

La décision de fonder une famille comporte des obstacles. Pour le DP, l'enjeu de la politique familiale est d'éviter que ces obstacles ne deviennent insurmontables. Il faut garantir que les mères et les pères ne soient pas discriminés dans la vie professionnelle et dans la planification de leur vie par leur désir de fonder une famille. Il faut également garantir  que les enfants reçoivent les mêmes chances de départ dans la vie, indépendamment de leur origine sociale, et qu'ils soient soutenus de la meilleure façon qui soit  pendant cette  phase importante  de leur vie. Voilà les objectifs pour lesquels le DP s'engage dans sa politique familiale.

L'État luxembourgeois paie les allocations familiales les plus élevées de toute l'UE, sans que cela entraîne toutefois des résultats convaincants au niveau de  la politique familiale. Actuellement, ce ne sont pas les capacités, les souhaits et les rêves d'un enfant qui déterminent le parcours de sa vie, mais avant tout son origine sociale. En comparaison avec l'étranger, les inégalités sociales se reproduisent particulièrement fortement au Luxembourg. Les enfants issus des couches de la population au niveau éducatif bas et socialement faibles ne réussissent que très rarement l'ascension sociale. Il s'agit d'une injustice sociale qui ne doit pas nous laisser indifférents, car aucun enfant n'est responsable des circonstances sociales dans lesquelles il est né.

Pour de nombreuses familles, les prestations en argent  ne résolvent pas le dilemme fondamental dans lequel elles se trouvent. Comment concilier travail et vie de famille ? Comment continuer à travailler la conscience tranquille, en ayant l’assurance  que les enfants sont encadrés et soutenus de la meilleure façon qui soit?

La politique du gouvernement qui se limite aux prestations en argent passe à côté de ces problèmes. Le DP n’a de cesse  de le dire depuis des années. C'est pourquoi nous n'avons pas soutenu les nouvelles prestations en argent , telles que les chèques-services et la bonification d'impôt pour enfant à charge,  à la Chambre des députés. Les développements des dernières années nous ont donné raison. L'introduction des chèques-services prend le problème par le mauvais bout. Au lieu d'élargir tout d'abord les capacités des places d'accueil de qualité, pour des raisons de tactique électorale, le gouvernement voulait encore rapidement distribuer des bons aux parents avant les élections législatives de 2009. La conséquence a été que les communes ont été inondées de demandes et que les enfants ont été hébergés pendant les années suivantes dans des conditions parfois difficiles, p. ex. dans des salles de sport ou des centres culturels. Cela ne correspond pas à l'accueil de qualité des enfants que le DP préconise. Cela ne correspond pas à une politique familiale responsable.

Le DP estime que la nécessité d'un changement de paradigme découle des découvertes scientifiques sur le développement des enfants en bas âge. L'école publique ne commence qu'au moment où les étapes de développement les plus importantes d'un enfant sont déjà terminées. L'école obligatoire est donc insuffisante et ne peut pas à elle seule donner aux enfants des chances de départ optimales dans la vie.

Que fera le DP dans les années à venir?

Droit à une place d'accueil de qualité élevée

Sur la base de ces réflexions fondamentales, le DP plaide pour un système intégré du soutien des enfants, dans lequel l'accueil des enfants et l'école publique vont de pair. À côté de l'école obligatoire, qui s'applique à partir du cycle 1.1., chaque enfant doit avoir droit à une place d'accueil de qualité au Luxembourg. Nous continuons  donc à soutenir  l’élargissement de l'accueil des enfants et l'amélioration de la qualité de celui-ci, étant donné que nous y voyons la possibilité d'améliorer considérablement les chances des enfants en matière d'éducation. Nous maintenons en  principe l’objectif de proposer gratuitement l'accueil des enfants âgés entre 0 et 3 ans, qui ne peut cependant pas être réalisé à court terme en raison de la situation des finances publiques.

Réformer les chèques-services

Le DP estime que l'accueil des enfants doit être la priorité du soutien financier de l'État. L'introduction hâtive et irréfléchie des chèques-services et leur extension au domaine sportif et culturel représente déjà plus d'un million d'heures aujourd'hui et risque de faire chavirer tout le système sur le plan financier. Le DP veut donc supprimer le système des chèques-services et le remplacer par un système simplifié, où l'État assume directement les coûts du soutien des enfants.

Un système intégré du soutien des enfants

Il existe actuellement encore une séparation artificielle entre les structures d'accueil d'une part et l'école d'autre part. La tentative d'assurer ici une collaboration étroite et un échange pour le bien des enfants n'a produit que de maigres résultats au cours des dernières années. Pour éliminer ces obstacles, le DP veut transférer le ressort de l'accueil des enfants du ministère de la Famille au ministère de l'Éducation. La base pour un système intégré du soutien des enfants doit ainsi être créée.

Offensive de qualité dans l'accueil des enfants

Sous la pression énorme de la demande de places d'accueil pour les enfants, le gouvernement a totalement négligé la question de la qualité de l'accueil ces dernières années. Les centres d'accueil ont certes poussé comme des champignons grâce au financement par l'État par le biais des chèques-services et il existe aujourd'hui des normes de qualité pour les locaux, mais non pour l'accueil des enfants lui-même. Le DP estime que cette situation est totalement inacceptable.

Introduire et contrôler des normes de qualité claires

Au Luxembourg, des normes de qualité claires (comme p. ex. en Angleterre ou en Australie) doivent être introduites en matière de conception pédagogique, d'aménagement des locaux, d'accueil et de soutien des enfants. L'une des principales tâches des pouvoirs publics doit être de contrôler l'application de ces normes. L'étendue dans laquelle un centre d'accueil peut profiter du soutien de l'État, tel que des chèques-services, doit dépendre du fait s'il remplit ou non ces normes de qualité.

Soutien linguistique : un critère de qualité important

Le système scolaire luxembourgeois repose sur le principe du multilinguisme. La connaissance de la langue luxembourgeoise est une condition fondamentale de la réussite scolaire. Beaucoup d'élèves n'ont pas de connaissances du luxembourgeois, ou seulement des connaissances insuffisantes, bien que beaucoup d'entre eux aient été accueillis auparavant dans des crèches ou des maisons-relais. Pour le DP, une promotion systématique de la langue luxembourgeoise est un élément important d'un accueil de qualité des enfants. Du personnel spécialisé qualifié et des programmes appropriés dans cette matière doivent donc être une condition pour conclure une convention avec l'État luxembourgeois.

Favoriser le rattachement émotionnel

En plus du soutien adapté à l'âge, le rattachement émotionnel des enfants doit être une priorité. Les enfants ont besoin d'une personne de référence, vis-à-vis de laquelle ils peuvent développer de la confiance et de l'affection. Pour ce motif, le DP s'engage pour une plus grande continuité de l'équipe d'encadrement dans les structures.

Investir dans du personnel qualifié

Le DP réclame des cours de formation et de formation continue obligatoires pour les collaborateurs des centres d'accueil des enfants pour atteindre les exigences de qualité élevées en matière de stimulation des enfants en bas âge. Les découvertes récentes en matière de pédagogie des enfants en bas âge, mais aussi les modèles du soutien linguistique des enfants issus de l'immigration, ainsi que la gestion de qualité des processus du personnel, des projets et du travail doivent faire partie des offres de formation et de formation continue.

Transformer les structures d'accueil en centres pour les familles

À moyen terme, le DP aimerait transformer les maisons-relais et les crèches en centres pour les familles sur le modèle anglais. Grâce à l'acquisition successive de savoir-faire en matière de pédagogie des enfants en bas âge, les centres d'accueil doivent être en mesure d'assumer, à côté de l'accueil, des tâches additionnelles dans les domaines de l'information, de la sensibilisation et du conseil des parents.

Les parents qui gardent leurs enfants à la maison profiteront ainsi du savoir-faire des experts en pédagogie et des infrastructures des crèches. Les structures deviendront des lieux d'échange régulier entre les parents et les éducateurs/éducatrices, où les parents reçoivent des conseils précieux concernant les besoins des enfants et leur stimulation adaptée à l'âge.

Soutenir le travail des parents à domicile

Les besoins des enfants et leur stimulation adaptée à l'âge ne doivent non seulement être fondamentaux dans les structures d'accueil. Les parents doivent aussi être informés et sensibilisés. Cette tâche devra être assumée par les centres pour les familles. Le DP veut également étendre des projets actuels tels que Bébé+, dans le cadre duquel les jeunes parents reçoivent des conseils à domicile après la naissance de leur enfant.

La transformation du système fiscal doit soutenir les enfants

Nous voulons utiliser l'argent qui sera libéré par la transformation du système fiscal (voir le chapitre « politique fiscale ») pour une meilleure éducation, un meilleur accueil des enfants et une lutte plus efficace contre la pauvreté des enfants. À l'avenir, nous voulons par principe assurer le soutien des enfants en premier lieu par des prestations d'accueil efficaces et moins par des déductions fiscales, étant donné que ce système est plus équitable et donne de meilleures chances de départ aux enfants. Nous voulons éviter ou rendre plus efficaces les soutiens doubles par les impôts et les paiements de transfert. Ainsi, dans le système actuel, les dépenses pour l'accueil des enfants peuvent être déduites des impôts en tant que charges extraordinaires malgré les chèques-services ; les ménages ayant un revenu faible ne profitent pas de cet avantage fiscal.

Les familles avec des enfants profiteraient davantage d'une allocation logement

Les familles avec des enfants sont financièrement très touchées par les prix élevés du logement au Luxembourg. Les allocations familiales élevées que l'État luxembourgeois paie sont censées tenir compte du coût de la vie élevé dans notre pays. Toutefois, chaque salarié a droit aux allocations familiales existantes, indépendamment de son lieu de résidence. Ce système correspond au principe fondamental de la non-discrimination des citoyens de l'UE selon leur nationalité et leur lieu de résidence, tel qu'il est ancré dans la législation européenne. Le DP soutient ce principe, mais, en même temps, il estime que les aides sociales devraient être liées aux besoins et que les familles qui en ont besoin le plus devraient en profiter davantage. Les prix du logement extrêmement différents des deux côtés de la frontière sont cependant une réalité, tout comme les centaines de familles qui ont quitté le Luxembourg ces dernières années pour des raisons financières, afin de s'établir dans la Grande Région. Le DP veut réformer les allocations familiales et introduire une allocation logement pour mettre fin à cet exode et permettre aux familles avec des enfants d'avoir une chance de trouver un logement abordable au Luxembourg, indépendamment de leur origine. Les familles ayant des revenus faibles et moyens doivent être soutenues davantage que maintenant.

Évaluer la protection de l’enfance

Le DP veut faire évaluer tout le domaine de la protection de l’enfance au sein du gouvernement pour examiner si les objectifs fixés dans ce domaine ont été atteints. Le Luxembourg fait partie des pays au pourcentage le plus élevé d'enfants qui ont été retirés de leurs familles et placés dans des familles d'accueil par le tribunal de la jeunesse. L'introduction de l'ONE (Office National de l'Enfance) devait permettre de trouver des solutions aux problèmes des adolescents et des enfants, avant de devoir aller devant le tribunal. Ces objectifs ont-ils été atteints ? Comment fonctionne la collaboration des différents acteurs dans le domaine de la protection de l’enfance ? Le nouveau modèle de financement dans ce domaine a-t-il fait ses preuves ? Le DP veut trouver les réponses à ces questions pour améliorer la qualité de la protection de l’enfance au Luxembourg.

Légiférer sur les mères porteuses

Le DP veut supprimer la zone grise qui existe actuellement en matière de mères porteuses et créer une base légale équilibrée.

Mettre en place un système d'alerte précoce pour les troubles du comportement des enfants

Le DP estime que les enfants aux troubles du comportement doivent être au centre de l'attention des écoles. Le système scolaire luxembourgeois ne fournit actuellement pas de réponse satisfaisante à la question de savoir comment les élèves aux troubles du comportement peuvent et doivent être aidés à l'école . Le DP veut donc intensifier et diversifier l'encadrement et le conseil médical et psychologique dans les écoles fondamentales. Dans le cadre de la formation et de la formation continue des enseignants, des connaissances fondamentales sur les besoins spécifiques des enfants dyslexiques ou ayant des troubles du comportement doivent être transmises.  La reconnaissance d'élèves surdoués doit également en faire partie. Une sorte de système d'alerte précoce sera ainsi créé, permettant de reconnaître les problèmes et les troubles du comportement des enfants à un stade précoce et de les faire prendre en charge par un personnel qualifié.

Protéger les droits des parents

Pour le DP, l'autorité parentale ne doit être retirée que dans des cas absolument exceptionnels et dans l'intérêt de l'enfant et ne doit pas aller de pair avec le placement de l'enfant dans une famille d'accueil ou un foyer.

Introduction de la garde partagée

Le DP introduira pour tous les parents, qu'ils aient été mariés ou non, la possibilité de la garde partagée dans la législation luxembourgeoise. Nous pensons que, dans de nombreux cas, cette solution est dans l'intérêt de l'enfant et correspond à la situation des parents.

La traduction a été effectuée par Christine Schmit (www.christineschmit.com)