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Eng App déi Liewe rette kann?

Questions parlementaires Santé et soins Justice et sécurité Max Hahn Carole Hartmann

Esoubal den 112 geruff ass, zielt all Minutt bis d'Secouristen op der Plaz sinn. An Éisträich ass dofir eng App mam Numm "Lebensretter" entwéckelt ginn. Iwwer dës App ginn am Noutfall déi enregistréiert Leit an der direkter Ëmgéigend alarméiert fir dass si éischt Hëllef kënne leeschten an esou Liewe rette kënnen. Eis Deputéiert Carole Hartmann a Max Hahn hunn zu dem Thema e puer Froen un déi zoustänneg Ministere gestallt.  

Question:

Monsieur le Président,

Par la présente, nous avons l’honneur de vous informer que, conformément à l’article 83 de notre Règlement interne, nous souhaitons poser la question parlementaire suivante à Madame la Ministre de l’Intérieur et à Monsieur le Ministre de la Santé :

« Le temps écoulé entre l’entrée d’un appel d’urgence et l’arrivée des secouristes sur place peut être décisif, surtout lorsqu’il s’agit d’un arrêt cardiaque, d’une attaque cérébrale. Afin d’écourter ce laps de temps, une association autrichienne a développé une application dénommée « Lebensretter ». Peuvent s’inscrire comme « Lebensretter » toute personne ayant suivi une formation de premiers secours de 16h, ainsi qu’une formation dédiée au « Notfalltraining ».

Les appels d’urgences qui laissent soupçonner un arrêt cardiaque sont automatiquement transmis aux smartphones des bénévoles enregistrés et se trouvant dans un rayon de 400 mètres du lieu de l’incident. Lorsque le bénévole confirme sa disponibilité, l’intervention débute et l’application guide le secouriste vers le lieu où se trouve la personne en détresse. L’intervention des bénévoles prend fin à l’arrivée des services de secours professionnels.

Dans ce contexte, nous aimerions poser les questions suivantes à Madame la Ministre de l’Intérieur et à Monsieur le Ministre de la Santé :

  1. Madame et Monsieur les Ministres connaissent-ils l’application autrichienne « Lebensretter » ? 
  2. Madame et Monsieur les Ministres n’estiment-ils pas que la mise en place d’une telle application, utilisée par les médecins, infirmiers et toute autre personne ayant suivi un cours de premiers secours, pourrait augmenter les chances de survie des personnes en détresse, en particulier dans les régions rurales ?
  3. Dans l’affirmative, les Ministres entendent-ils mettre en place une application similaire ? Dans la négative, pour quelles raisons ? »

Veuillez croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre très haute considération.

Max HAHN                    Carole HARTMANN
Député                          Député

Réponse commune de Madame la Ministre de l’Intérieur, Taina BOFFERDING, et de Monsieur le Ministre de la Santé, Etienne SCHNEIDER, à la Question parlementaire n° 374 des honorables Députés Max HAHN et Carole HARTMANN concernant l’application « Lebensretter »

Par le biais de leur question parlementaire, les honorables Députés souhaitent obtenir des précisions au sujet de l’utilisation d’une application permettant de mobiliser des bénévoles pour donner des premiers soins en cas d’un arrêt cardiaque.

La chaîne de survie est essentielle dans la prise en charge de l’arrêt cardiaque. Nombre d’études ont démontré que le taux de survie dépendait de la précocité de la mise en œuvre de la réanimation cardio pulmonaire et du retour à une activité cardiaque fonctionnelle. Il est convenu que chaque minute de retard de prise en charge diminue de 10 % les chances de survie initiale du patient.

Tout d’abord il est utile de mentionner que les ministres sont effectivement au courant de l’existence de telles applications. Outre celle citée par les honorables Députés, il existe une palette de différentes applications ayant le même but, celui de concourir aux premiers secours. Le Corps grand-ducal d’incendie et de secours (CGDIS) a d’ailleurs été approché par l’Association Française de Premiers Répondants, qui a lancé en octobre 2018 dans le Département de la Moselle, une application de premiers répondants.

Le Danemark a publié une étude dans l’Européen Heart Journal mettant en évidence qu’entre 2001 et 2013, l’augmentation, grâce à un effort intense de formation, de 18 à 60 % d’intervention par un témoin dans la prise en charge d’un arrêt cardiaque avait permis d’augmenter le taux de survie de 5 à 12%. C’est pourquoi le Ministère de la Santé ne peut qu’encourager la mise en alerte de secouristes formés.

En 2012, il y a eu la mise en place du service First Responder, qui est établi à l’heure actuelle dans 61 des 102 communes luxembourgeoises. Les principaux objectifs sont la diminution du temps de latence entre l’alerte et l’arrivée des secours sur le lieu de l’intervention, une meilleure prise en charge du patient et la mise en œuvre des gestes de premiers secours (si besoin avec défibrillateur externe). En 2018, le service First Responder est intervenu lors de 4.531 des 6.387 interventions du SAMU. Il faut noter que le First Responder n’intervient pas seulement lors de réanimations cardiaques, mais aussi pour d’autres urgences vitales. Une application du type « Lebensretter » constitue certainement un outil supplémentaire, qui pourrait servir à diminuer les délais d’une première prise en charge en cas d’arrêt cardiaque, contribuant ainsi à augmenter les chances de survie des personnes en détresse.

La mise en place d’une telle application est certainement à analyser pour le futur. Dans l’immédiat, le CGDIS ne dispose pas des ressources humaines et financières requises pour se charger d’un tel projet. En effet, les efforts du CGDIS doivent se concentrer, dans un premier temps, sur la mise en place des outils informatiques nécessaires au bon fonctionnement interne du CGDIS (notamment le « Portail CGDIS » élément essentiel pour faciliter la gestion de disponibilité des volontaires). Par ailleurs, il y a lieu de soulever, qu’avant la mise sur le marché d’une telle application, il faut au préalable analyser le cadre légal, notamment en ce qui concerne la protection des données, afin de s’assurer des garanties nécessaires pour une mise en place régulière.

Finalement, la mise en place de nouveaux moyens d’alerte ne doit pas masquer que le défi essentiel reste la formation de l’ensemble de la population associée à une répartition géographique raisonnée des défibrillateurs semi-automatiques.


Carole Hartmann

Max Hahn