« Les citoyennes et les citoyens doivent avoir la certitude que les droits et libertés fondamentaux ne seront pas remis en question d’une législature à l’autre », a souligné la présidente du DP, Carole Hartmann, aujourd’hui lors des débats à la Chambre des Députés sur l’inscription de la liberté de recourir à l’avortement dans la Constitution. Elle a également rappelé le rôle déterminant joué par le Parti Démocratique au cours des dernières décennies dans la lutte pour l’autodétermination des femmes.
En inscrivant ce principe dans la Constitution, la Chambre définit une liberté qui fixe des limites claires à l’action de l’État. Cette étape était nécessaire afin de mieux protéger la liberté de choix des femmes. Une loi ordinaire resterait en effet toujours susceptible d’être remise en cause politiquement. La vaste majorité du groupe parlementaire du DP soutient cette réforme, qui vise à établir un espace de protection contre d’éventuelles ingérences de l’État, sans pour autant modifier le régime légal de l’avortement. Les délais ne changent donc pas, les conditions encadrant une interruption de grossesse demeurent identiques, tout comme le cadre juridique existant.
Pour la députée-maire d’Echternach, cette révision constitutionnelle constitue également un signal clair à l’extérieur. Par ce geste, le Luxembourg affirme son statut d’État de droit qui ne se contente pas de proclamer les droits des femmes, mais qui les garantit également sur le plan institutionnel. Encore faut-il, pour que ce droit puisse être exercé, que les conditions nécessaires existent dans la pratique. Créer ces conditions relève, selon Carole Hartmann, d’une responsabilité politique.
Parce que l’avortement doit, dans l’idéal, rester une solution de dernier recours, le DP plaide également pour un renforcement de la prévention et de l’information au Luxembourg. Cela implique notamment un accès universel aux moyens de contraception ainsi qu’un renforcement de l’éducation affective et sexuelle. Non pas comme des alternatives à la liberté de recourir à l’avortement, mais comme des compléments indispensables qui consolident le droit des femmes à disposer de leur corps et protègent leur dignité, tout en préservant cette liberté face aux incertitudes de l’avenir.
La présidente du DP a qualifié cette révision constitutionnelle de forte expression de confiance : confiance dans la maturité des femmes, dans la stabilité de l’État de droit et dans la capacité de la Chambre des Députés à garantir durablement les libertés fondamentales. Lors du premier vote sur l’inscription de la liberté de recourir à l’avortement dans la Constitution, le groupe parlementaire du Parti Démocratique n’avait pas donné de consigne de vote ; chaque député s’est prononcé en son âme et conscience. Au total, 48 députés ont voté en faveur de la modification constitutionnelle.



