La violence domestique et la violence fondée sur le genre restent une réalité préoccupante au Luxembourg. Près de la moitié des femmes ont déjà subi des violences de la part d’un partenaire, et plus d’un tiers en ont été victimes au sein de leur foyer.
Pour la ministre de l’Égalité des genres et de la Diversité Yuriko Backes, la tolérance zéro en la matière constitue une priorité claire, qui mobilise l’ensemble de la société et implique plusieurs ministères. Elle l’a rappelé le 13 avril 2026 devant la commission parlementaire compétente. Le MEGA (Ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité) joue un rôle central en matière de sensibilisation, de prise en charge des victimes et d’information.
L’objectif, en étroite collaboration avec la police et la justice, est clair : renforcer la protection des victimes, améliorer l’efficacité de leur prise en charge, adapter les sanctions à l’encontre des auteurs et reconnaître pleinement l’impact réel des violences subies.
Il est désormais temps de consolider concrètement les dispositifs existants. Le Comité violence, réunissant plusieurs ministères et administrations, s’est saisi du dossier et a formulé des recommandations. L’an dernier, le premier Plan d’action national contre les violences fondées sur le genre a été adopté par le gouvernement ; ses mesures doivent désormais être mises en œuvre de manière continue. Par ailleurs, la transposition de la directive européenne relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique devra être finalisée d’ici juin de l’année prochaine.
Sur le plan financier, le budget du MEGA continue de progresser : une augmentation de 25 %, pour atteindre près de 29 millions d’euros pour l’exercice en cours. Pour l’année prochaine, une croissance de 45 % est prévue. Plus de 65 % du budget du ministère est consacré à la lutte contre les violences.
Sur le terrain, une avancée majeure est le Centre National pour Victimes de Violences (CNVV), qui a ouvert ses portes le 28 avril 2025. Depuis ce mois de mai, il est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris par téléphone. Une campagne nationale d’information sur la violence domestique est également prévue. Le centre a été renforcé par huit nouveaux postes cette année. Depuis son ouverture il y a un peu plus d’un an, environ 400 personnes ont sollicité le centre en lien avec des situations de violence domestique. Dans 26 cas, une intervention de la police a suivi, et dix personnes ont déposé plainte sur place. Une juriste bénévole a assuré sept consultations. Les violences psychologiques sont en nette augmentation, et le cadre familial reste le principal lieu où se produisent ces violences.
Une révision de la loi de 2003 relative à la protection contre la violence est actuellement à l’étude, selon Yuriko Backes. Cette loi définit les modalités de prise en charge des victimes et des auteurs de violences domestiques. À ce jour, seule la prise en charge des enfants vivant dans le foyer concerné est obligatoire. Il est envisagé d’étendre ces mesures aux enfants indirectement exposés à la violence.
Le CNVV propose une prise en charge ambulatoire en cas d’urgence et offre un accompagnement spécialisé à toutes les victimes de violences physiques, sexuelles ou psychologiques.



