En juin 2019, le code pénal au Burkina Faso a été changé de façon qu’une couverture objective des médias n’est plus possible. Depuis, la presse est de plus en plus victime de pressions et de suites pénale de la part des autorités. Quelle est la position du Luxembourg face à la situation et quelles seront les implications pour le travail de coopération du Luxembourg dans la région ? Le député Gusty Graas a posé ses questions au Ministère responsable.

« Avant sa décriminalisation en 2015, l’application de la loi sur la diffamation criminelle a opprimé largement la liberté d’expression au Burkina Faso. Depuis, et grâce à son paysage médiatique dynamique et diversifié, le Burkina Faso est considéré représenter une histoire de succès en matière de liberté de la presse selon l’ONG ‘Reporters sans frontières’ (RSF).

Néanmoins, les journalistes et militants continuent de faire face à une pression accrue. En juin 2019, l’Assemblé nationale a voté une modification du code pénal, destinée à lutter contre les publications qui pourraient « démoraliser ou saper l’efficacité » de l’armée. Le rapport critique ou objectif sur le combat de l’armée contre le terrorisme peut désormais mener à de graves sanctions. Cet amendement permet ainsi aux autorités d’exercer un contrôle sur les publications et impose de sérieuses restrictions à la liberté d’informer.

En 2020, six attaques ou intimidations contre des journalistes ont été constatées par l’Association des journalistes du Burkina (AJB). Au nord et à l’est du pays, des zones entièrement isolées et inaccessibles aux journalistes, empêchent complètement le flux d’informations de sorte que plus aucune nouvelle puisse traverser à l’extérieur.

Dans ce contexte, j’aimerais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire:

  • Est-ce que Monsieur le Ministre est au courant de la situation des journalistes au Burkina Faso ?
  • Est-ce que les conditions de travail des médias locales ont un impact sur la politique de coopération du Luxembourg au Burkina Faso et dans d’autres pays où la presse rencontre des problèmes semblables ?
  • Dans l’affirmative, quelles sont les conséquences pour l’activité de coopération du Luxembourg dans ces pays ?
  • Quels moyens le Ministère de la Coopération et de l’Action humanitaire peut-il se donner pour lutter contre l’influence des autorités étrangères sur la couverture médiatique de leur pays et améliorer la situation des journalistes dans les régions ‘média-phobes’ sans pour autant impacter la population en besoin des aides apportées ? »

Réponse

Le ministre a écrit dans sa réponse que le respect des droits humains fondamentaux est l’une des priorités absolues de la politique de coopération luxembourgeoise. Le Luxembourg a de nouveau souligné sa solidarité avec le peuple burkinabé, dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire. En ce qui concerne le durcissement du droit pénal de 2019, il a fait l’objet de discussions au sein de la Commission de partenariat. Le Luxembourg soutient également la société civile locale à travers des ONG luxembourgeoises.

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