Education

Bildung an Héichschoul

Education et formation : des perspectives d’avenir équitables pour nos enfants

L’éducation de nos enfants est la ressource primordiale de notre pays. Elle permet surtout aux jeunes gens de trouver leur propre voie. L’accès à la formation de qualité, universelle, constitue un droit de l’homme et est non seulement indispensable à la force économique et à la capacité innovatrice du Luxembourg, mais surtout au développement individuel de chaque personne. L’éducation est finalement la condition sine qua non pour une participation active de citoyens matures et responsables à la vie professionnelle, politique et sociale.

L’éducation est par conséquent au service des hommes et de la société et doit donc s’adapter régulièrement à cette dernière. Au cours des dernières années, le système éducatif s’est ouvert à la société. Les nouvelles offres de formation ont été adaptées à l’éventail des différents talents et biographies langagières, ainsi qu’aux nouvelles exigences socioéconomiques. Chaque étudiant doit avoir une chance équitable et avoir accès à une formation de qualité et à un bon diplôme.

Une offensive qualité dans le domaine de la garde d’enfants, l’octroi de 20 heures hebdomadaires gratuites au titre de l’éducation plurilingue pour chaque enfant, la mise en place de directions régionales dans l’enseignement fondamental, une réforme qui n’a que trop tardé de l’éducation différenciée, l’adaptation progressive de la formation professionnelle, la réforme des lycées, l’introduction d’un nouveau cours intitulé « vie et société », une nouvelle procédure d’orientation de l’enseignement fondamental vers l’enseignement secondaire, … . Jamais auparavant autant de réformes profondes de l’éducation n’ont été décidées ou transposées au cours d’une seule législature dans le but de moderniser et de rendre notre système éducatif plus accessible au niveau social.

La politique de l’éducation du DP repose sur cinq principes qui garantiront à tous les enfants de meilleures chances et perspectives d’avenir :

1. Continuité et qualité des réformes

Dans les années à venir, le DP concentrera ses efforts sur la transposition, l’évaluation et le développement de ces réformes. Il est essentiel d’y consacrer le temps nécessaire pour qu’elles puissent déployer les effets pourchassés. Des adaptations hâtives, voire même la suppression des réformes introduites, risqueraient de retarder notre système éducatif de plusieurs années et seraient irresponsables et aucunement justifiables face aux élèves, aux parents d’élèves et au corps enseignant.

2. L’enfant au centre

Avec la création d’un ministère de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, le DP a réuni sous un même toit l’ensemble des domaines qui couvrent tant le soutien des capacités que le soutien aux enfants et aux jeunes. Ceci a permis de transposer une politique qui place l’enfant au centre et qui n’a pas subi de contraintes administratives. L’échange conceptuel entre l’éducation formelle et non-formelle a donné naissance à des enrichissements mutuels et des progrès dans de nombreux domaines. Le DP continuera aussi à l’avenir à développer le système éducatif luxembourgeois sur les piliers de l’éducation formelle et de l’éducation non-formelle.

3. Des écoles différentes pour des talents différents

Lors des débats menés sur l’éducation des dernières décennies, l’unique véritable modèle scolaire figurait toujours au centre des querelles. Le DP s’est engagé en faveur d’un paysage éducatif diversifié, qui miroite la diversité des talents et intérêts des enfants et adolescents au Luxembourg. Si nous voulons vraiment développer l’enseignement luxembourgeois à l’avenir et oublier les débats infertiles sur l’éducation des dernières décennies, nous devons développer ultérieurement la diversité de l’offre éducative.

4. Confiance et autonomie

Les réformes dictées d’en haut n’ont jamais eu le mérite d’améliorer un système éducatif de manière durable. La politique doit dicter des objectifs de qualité, pourtant la voie à suivre pour y accéder diffère de région à région et d’institution à institution. La multitude des approches et des concepts représente un enrichissement pour notre système éducatif. Le DP mise dès lors sur un partenariat avec les directions, les instituteurs et éducateurs dans le but déclaré de développer davantage le système éducatif luxembourgeois. Cette base de confiance devra être renforcée dans les années à venir.

5. Innovation et modernisation

Au cours des cinq dernières années, le DP a fait un investissement notable dans la force d’innovation de notre système éducatif. Ceci notamment dans le domaine des nouveaux médias et du numérique, mais aussi de l’entrepreneuriat et du développement durable. Les nouvelles technologies et médias sont intensément étudiés tant en guise de matière scolaire qu’en guise d’outil pédagogique. Au moyen de ces réformes et bien d’autres encore, le DP s’applique à rattraper un retard de nombreuses années, accusé par le système éducatif national. Ces efforts doivent être poursuivis afin de rester en phase avec les développements de notre société.

L’accueil des enfants et la petite enfance

Lors de l’introduction du programme d’éducation plurilingue pour les enfants de 1 à 4 ans, le DP a mis en place un Conseil scientifique composé de scientifiques renommés nationaux et internationaux dont la mission est d’accompagner scientifiquement la mise en œuvre du projet. Ce conseil sera institutionnalisé et assistera le ministère lors du processus de développement ultérieur de la qualité dans le domaine de la garde et de l’accueil des enfants.

A l’image du SCRIPT dans le domaine de l’éducation formelle, le DP élargira le Service National de la Jeunesse en créant un département pour l’innovation et le développement de la qualité dans le secteur de l’éducation non-formelle. Les deux départements collaboreront étroitement à l’avenir.

En guise de nouvel élément du développement de la qualité dans le secteur de l’éducation non-formelle, le DP garantira la qualité des offres en formations continues prescrites par la loi. A cet effet, il est prévu de mettre en place des agences de formation continue accréditées qui garantiront une offre en formations de haut niveau.

Le DP développera de nouvelles formations de niveau DAP (Diplôme d’Aptitude Professionnelle) et améliorera ainsi l’effectif du personnel enseignant qualifié dans les structures. La formation de l’éducateur sera évaluée et adaptée le cas échéant.

Le système mis en place pour soutenir financièrement l’accueil des enfants s’avère compliqué et opaque. Par conséquent, le DP entend le remplacer par un autre système plus performant. Une structure d’audit du ministère garantira dans les années à venir que ce sont bien les parents qui bénéficieront des aides financières investies par l’Etat.

A l’heure actuelle, l’offre des maisons relais vise principalement des activités extrascolaires avant et après les cours scolaires. Le DP veut élargir ce concept et transformer les maisons relais en points de rencontre pour les parents qui privilégient de manière générale l’échange entre les parents et les professionnels. A côté du centre culturel, le centre familial jouera un rôle majeur dans la vie communale, dans la mesure où il offrira des activités qui sont placés dans le contexte de l’éducation, des enfants et du rôle joué par les parents.

Le DP encouragera les constructions intégrant école et maison relais sous un même toit et où les espaces fonctionnels pourront être aménagés et utilisés en commun. Ceci permettra de construire des espaces communs plus grands et conférera aux deux institutions un mode de fonctionnement qui placera l’enfant au centre des attentions.

Dans le cadre d’un projet-pilote, le DP entend mettre à l’épreuve le concept des mères et pères de quartier, tel qu’il existe non seulement dans une série d’états fédéraux de l’Allemagne, mais également au Danemark, au Pays-Bas et en Suisse. Souvent, les « parents de quartier » sont eux-mêmes issus de familles d’immigrés et sont des multiplicateurs dans la mesure où ils pourront faire bénéficier d’autres parents immigrés d’informations autour de thèmes comme l’éducation ou encore la formation et la santé, à l’occasion de visites à domicile.

En collaboration avec les communes, le DP mettra en place un service de navette dédié aux associations afin de transporter les élèves de l’enseignement fondamental de l’école/la maison relais vers les centres sportifs ou culturels où se déroulent les activités extrascolaires. Ce nouveau service, préfinancé par les communes et remboursé par l’Etat, permettra d’un côté de décharger les parents dans l’organisation de leur vie quotidienne, et de l’autre côté, de promouvoir la vie associative locale qui joue un rôle majeur dans la cohésion sociale au sein des villes et villages du pays.

Afin de conférer une voix aux parents dont les enfants bénéficient des services d’accueil reconnus par l’Etat, le DP créera un organe national représentatif des parents. D’un côté, le but est de renforcer la participation systématique des parents au processus de la démarche qualité dans les structures de garde d’enfants. De l’autre côté, l’organe de représentation des parents est censé conforter les parents dans leur rôle, et au-delà, représenter un point de contact pour les parents qui rencontrent des problèmes avec les structures d’accueil. Par ailleurs, le DP encouragera la collaboration entre la maison relais et les associations sportives et culturelles locales.

Le DP continuera à s’engager en faveur de l’implémentation d’une alimentation saine dans les structures de garde d’enfants. Une alimentation équilibrée, qui répond aux besoins des enfants, ainsi que la formation adaptée du personnel des structures d’accueil devront également continuer à être assurées à l’avenir.

Le DP continuera à promouvoir l’échange entre les éducateurs et les parents. Les crèches et maisons relais doivent disposer d’une documentation spécialisée qui doit permettre aux parents de mieux s’informer sur l’éducation de leurs enfants.

La plateforme internet intitulée staarkkanner.lu sera développée ultérieurement pour servir de site privilégié aux parents, qui y peuvent commander gratuitement des brochures d’information et du matériel didactique.

Des études scientifiques ont prouvé que les situations de communication intensive (telle la lecture d’un livre avec l’enfant) jouent un rôle déterminant dans le développement cognitif et langagier des enfants. C’est la raison pour laquelle le DP offrira gratuitement un livre pour enfants par an aux enfants en âge préscolaire. Ce geste sera accompagné d’une sensibilisation des parents. Au-delà, le DP encouragera la création de mini-bibliothèques pour les enfants dans les quartiers, notamment par la mise en place de petites armoires-bibliothèques sur les aires de jeux. L’objectif déclaré de ce concept est d’encourager le contact précoce avec les livres et de stimuler les capacités de lecture des enfants.

Dans un paysage scolaire où l’offre s’est fortement développée ces dernières années, il devient de plus en plus difficile de garder la visibilité nécessaire pour faire un choix éclairé. C’est la raison pour laquelle le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse a présenté récemment le site internet mengschoul.lu. Ce site est censé être un instrument d’orientation à disposition des élèves et parents qui sont à la recherche d’une offre éducative répondant à leurs besoins. Le DP créera un portail similaire pour donner un aperçu sur les offres en structures d’accueil des enfants et de la petite enfance. Cette plateforme renseignera les parents intéressés sur les crèches et maisons relais situées à proximité et fournira au-delà toutes les informations utiles sur les structures elles-mêmes.

La jeunesse

Afin de soutenir ponctuellement les jeunes et jeunes adultes dans la phase de transition vers l’âge adulte, le DP élargira l’offre en logements pour jeunes et en logements encadrés à échelle nationale.

L’enseignement doit s’inspirer des expériences faites dans le cadre des activités en faveur de la jeunesse. Afin que l’école puisse s’ouvrir et devenir également un lieu de vie des jeunes gens, tous les établissements de l’enseignement scolaire seront dotés de salles de rencontres pour jeunes où ces derniers auront la possibilité de passer leur temps libre et d’organiser leurs loisirs de manière autonome.

Le projet-pilote dénommé Outreach Youth Work a donné de nouvelles impulsions à l’activation des dits NEETs (Not in Education, Employment or Training). Le DP développera cet élan et visera une étroite mise en réseau de toutes les mesures déjà en place dans le cadre de la Garantie pour la jeunesse. Les programmes d’activation du SNJ seront également élargis. Au-delà, le DP identifiera un coordinateur qui aura pour mission d’harmoniser l’éventail de l’offre d’accompagnement de la Garantie pour la jeunesse.

Le DP continuera à élargir l’offre en internats et développera un cadre qualité. Au cours des dernières décennies, le rôle des internats a changé dans la même mesure que le public-cible. Le cadre devra tenir compte de ces évolutions.

Le soutien à la jeunesse

Suivant l’exemple des plans cadre dans les domaines de l’accueil des enfants et du travail avec les jeunes, le DP développera un cadre qualité qui jettera les bases du développement qualité dans le contexte de l’aide et du travail de soutien aux jeunes.

Le DP élargira l’offre des services de soutien aux jeunes et réduira le nombre de jeunes qui sont logés à l’étranger. C’est l’unique moyen pour leur garantir ultérieurement une meilleure insertion dans la société luxembourgeoise.

La gouvernance de la politique d’éducation

Le DP rassemblera tous les acteurs impliqués dans le domaine de l’éducation autour d’une table (Lëtzebuerger Bildungsdësch). La mission de ce groupe indépendant sera de contribuer à objectiver les débats autour de l’éducation et de la formation, de trouver un consensus social dans les dossiers et projets éducatifs majeurs et de garantir ainsi une continuité indispensable à la politique de l’éducation qui va même au-delà de plusieurs périodes de législature. Dans le but déclaré d’aboutir à un consensus le plus large possible, le dit Bildungsdësch réunira tous les acteurs concernés, à savoir les enseignants, les élèves, les directeurs d’écoles, les parents, mais également des acteurs du monde scientifique ainsi que de la société civile, qui seront représentés par le truchement de l’Observatoire national de la qualité scolaire, récemment créé, et du Conseil national des Programmes. Le Parlement sera de même invité à participer aux travaux du Lëtzebuerger Bildungsdësch, afin de garantir l’impartialité des propositions. Ce n’est qu’au moment où un consensus sur les questions les plus importantes de la politique de l’éducation sera atteint, qu’un développement serein et continu de tout le système sera garanti. Après tout, ce sont les conditions sine qua non d’une éducation de qualité.

L’enseignement fondamental

Les directions régionales de l’enseignement fondamental créées en 2017 seront ultérieurement développées et leurs effectifs administratifs augmentés. Leurs compétences en matière de recrutement face aux communes seront tirées au clair. Les directions se focaliseront sur le développement de l’enseignement dans les cinq ans à venir.

Dans toutes les parties du pays, les directions de région fourniront l’ensemble des informations et réponses aux questions sur l’éducation, ceci sous forme d’un guichet unique pour l’éducation.

Le DP créera des perspectives concrètes pour les enseignants souhaitant faire des formations spécialisées, notamment dans les domaines de l’inclusion, du numérique et de la gestion pédagogique.

L’Université du Luxembourg devra orienter son offre vers des filières de master dans les domaines de la pédagogie spécialisée, de la gestion pédagogique et des technologies éducatives (Educational Technologies).

A côté du pool existant d’enseignants pour enfants à besoins spécifiques (I-EBS), d’autres enseignants spécialisés dans les domaines des nouveaux médias et digital skills seront employés dans l’enseignement fondamental dans le but d’aider les écoles à développer des stratégies relatives à l’utilisation des nouvelles technologies dans les cours. Les dits I-CM continueront à être principalement des enseignants de classe et bénéficieront d’une dispense pour se consacrer aux questions des ICT.

Afin de permettre aux enseignants de s’approprier des compétences spécifiques qui sont d’une grande importance pour les écoles, l’IFEN (Institut de formation de l’Éducation nationale) offre en collaboration avec Uni.lu des cours de formation continue qui répondent aux exigences du système ECTS (european credit transfer system) et qui peuvent être pris en considération pour un master. Cette approche devra permettre de collecter des points-crédits ECTS pendant plusieurs années et d’acquérir de la sorte un diplôme de master.

Le DP sensibilisera les enfants de l’enseignement fondamental d’une manière ludique à la logique de la programmation. Des modules adaptés seront développés pour les cours de sciences naturelles et intégrés par la suite dans les cours de mathématiques.

L’enseignement en ligne dans le domaine des mathématiques a été introduit avec grand succès dans les écoles luxembourgeoises au cours des dernières années. Le DP développera une offre semblable pour l’enseignement des langues allemande et française. C’est surtout au niveau des cours de langues que le matériel pédagogique digital peut promouvoir la différenciation de l’enseignement.

Les élèves qui présentent un déficit scolaire sont actuellement tributaires de l’offre en matériels pédagogiques de qualité très variable sur le marché libre. Ensemble avec les producteurs de matériels scolaires, le DP mettra au point une plateforme digitale qui garantira un appui scolaire de très bonne qualité et qui sera librement accessible à ce public-cible.

La question des leçons d’aide aux devoirs entre les écoles fondamentales et les maisons relais reste sans réponse. Le DP rendra le système d’indemnisation des aides aux devoirs par des employés qualifiés plus attractif et garantira une offre étendue ensemble avec toutes les écoles du pays.

L’organisation en cycles scolaires devrait motiver les écoles à renforcer la différenciation de l’enseignement. Pourtant, nombreuses sont celles qui ne sont qu’à leurs débuts pour ce qui est de cette idée. Le DP évaluera le concept et l’adaptera par la suite aux réalités vécues dans le milieu scolaire.

Par le recours à un index socio-économique, la répartition des ressources dans le système scolaire luxembourgeois était censée devenir plus juste et contribuer à renforcer l’équité des chances parmi les élèves. Force est néanmoins de constater qu’en pratique, il y a des régions et des écoles au Luxembourg qui doivent relever des défis bien plus importants que d’autres. Le nombre d’élèves ayant développé des compétences qui ne sont pas reprises dans le programme pédagogique témoigne de ces défis. Le DP évaluera le système de calcul qui repose sur des contingents et le remplacera par un système qui permettra de mieux tenir compte des défis et problèmes rencontrés par certaines écoles.

Avec la réforme de l’Éducation Différenciée, le DP a transposé un réel changement de paradigme dans le domaine de l’inclusion, ce qui constitue pour le Luxembourg une avancée de plusieurs décennies. Dans l’enseignement fondamental, les efforts de soutien seront poursuivis afin de permettre d’employer au moins un enseignant spécialisé par école, dédié aux enfants à besoins spécifiques (I-EBS). Les effectifs des Équipes de Soutien pour Enfants à Besoin (ESEB) seront renforcés si besoin en est, tout comme le soutien ambulant presté par les centres de compétences nationaux.

Le DP créera des centres socio-thérapeutiques pour les cas vraiment exceptionnels où des problèmes d’extrême gravité empêchent toute scolarisation régulière et normale des enfants.

Le DP s’engagera en faveur de l’aménagement, dans la mesure du possible, d’espaces pour les parents dans les écoles du fondamental, qui permettront un contact et un échange réguliers entre parents et enseignants. Ces espaces sont également censés jouer le rôle de vitrine où les écoles présentent les travaux réalisés avec les enfants et où les parents bénéficieront d’informations précieuses autour de thèmes majeurs de l’éducation.

Afin de lutter contre le manque d’exercice de nombreux enfants, le DP continuera à soutenir et à élargir le projet Bewegte Schule – clever move dans l’école fondamental et dans les maisons relais. Ce projet consiste à introduire 15 à 20 minutes d’exercice physique supplémentaire pendant les heures de cours à l’école ainsi que celles passées à la maison relais. Au moyen de l’introduction de phases de relaxation et de pauses actives, ou encore de stations de mouvement dans les salles de classe et de séances d’apprentissage en bougeant, les enfants sont sensibilisés et prennent goût à l’exercice physique et renforcent en même temps leur concentration ainsi que leurs capacités d’apprentissage.

Le DP réduira progressivement la charge administrative des enseignants, des parents et des directions d’écoles. Dans une première phase, la digitalisation généralisée de l’ensemble des procédures administratives permettra de simplifier le flux des informations et la présentation des demandes auprès des directions et du ministère. Par la suite, la mise en place, par le DP, d’une task-force qui sera composée de représentants du corps enseignant, des directions d’écoles et du ministère, donnera naissance à des propositions concrètes en vue de la réduction des charges administratives.

Dû aux différentes réformes qui ont été faites lors de la dernière période de législature, différentes méthodes d’évaluation existent selon le niveau scolaire. Le DP fera évaluer toutes ces méthodes par un organisme externe et essayera d’harmoniser les principes de base de l’évaluation. Le premier but de l’évaluation doit être de documenter le développement scolaire d’une manière qui soit compréhensible pour tous les acteurs en jeu, afin de leur permettre de décider en connaissance de cause sur la promotion de l’élève. Parallèlement, il est essentiel d’éviter que les élèves ne soient démotivés à cause d’une culture négative de l’erreur.

L’enseignement secondaire et la formation professionnelle

Au cours de la dernière période de législature, l’enseignement fondamental ainsi que l’enseignement secondaire ont bénéficié d’un renforcement notable de leur liberté de conception et de décision. L’autonomie des écoles a été sensiblement accrue, de même que la confiance placée dans les enseignants. Le DP continue à plaider en faveur de la souveraineté des écoles en ce qui concerne le développement des profils, les finances, les ressources humaines et les contenus pédagogiques. Le rôle de la politique est de continuer à définir des objectifs clairs et harmonisés à l’échelle nationale, que les écoles devront atteindre dans le cadre de la marge de manœuvre qui leur est conférée.

Le DP ne veut pas d’une solution universelle pour l’ensemble des élèves. La diversification de l’offre des écoles publiques lancée à l’initiative du DP sera reconduite lors de la prochaine législature. Le pays a besoin d’écoles qui reflètent la multitude des talents et des besoins de nos élèves. Au vu de l’hétérogénéité croissante des élèves, les écoles devront continuer à bénéficier d’un appui qui leur permettra de concevoir leur propre profil et de s’adapter aux réalités locales, socio-culturelles et langagières de leurs élèves respectifs.

C’est la raison pour laquelle le paysage scolaire luxembourgeois devra continuer à élargir son offre afin de pouvoir donner à chaque élève la possibilité de choisir l’école qui lui convient le mieux en termes de profil et de choix professionnel. C’est la seule façon de garantir à chaque élève une chance équitable en vue d’une bonne qualification professionnelle et d’un bon diplôme. Ce n’est qu’en acceptant les différents profils des différents élèves et en développant des offres scolaires adaptées que l’école publique pourra satisfaire aux exigences de l’objectif de garantir à chaque enfant des chances et perspectives éducatives équitables. La diversification des écoles publiques consolide l’enseignement public.

L’ouverture de la première école internationale publique à Differdange en 2016 fut un franc succès. L’accès gratuit aux programmes de l’École européenne pour tous fut une première au Luxembourg. Entretemps, d’autres classes européennes ont vu le jour à Mondorf, à Junglinster et à Clervaux. Le DP continuera à élargir l’offre en classes à programmes d’études européens conformément à la demande. Au-delà, le DP ouvrira une nouvelle École européenne dans la région de la capitale afin de garantir une telle offre à proximité dans toutes les parties du pays.

Au cours de la dernière période de législature, le DP a soutenu des écoles dans leurs efforts visant à développer des profils dans les domaines ICT, Développement durable et Entrepreneurship. Ces écoles continueront à bénéficier de ce soutien afin de pouvoir développer des profils et domaines clés thématiques propres. Ceci renforce la diversification de l’offre scolaire et donc le choix proposé aux élèves. Car le Luxembourg a besoin d’une offre scolaire qui est aussi riche que les intérêts et les talents développés par les élèves.

Le système scolaire luxembourgeois doit faire face au défi qui consiste à reconnaître que les compétences requises au 21ème siècle ne naissent plus de l’unique reproduction de savoir (« Google étant omniscient »), mais résident plutôt dans la recherche collaborative de solutions et de réponses à des questions complexes. Les compétences incontournables résultent par conséquent du travail social et d’équipe, de la créativité, de la confiance en soi et d’une culture positive de l’erreur et du feedback. Le DP soutiendra activement les écoles qui s’orientent vers l’apprentissage collaboratif ou le Design Thinking dans le développement de leurs profils.

Avec le Lycée Ermesinde, la région du Centre dispose d’une école qui fut créée en tant que projet-pilote offrant des méthodes alternatives d’enseignement. Le DP développera un projet similaire pour le sud du pays en collaborant avec l’Université du Luxembourg. Cette nouvelle école est censée offrir la possibilité d’illustrer des cas de bonnes pratiques dans le cadre de la formation de base des enseignants et de la formation continue à l’IFEN.

Le DP incitera les écoles à organiser des formations continues internes et des Journées Pédagogiques autour du thème du développement de l’enseignement. A cette fin, le DP mettra des experts à disposition des écoles qui le souhaitent, dont le rôle sera de soutenir les écoles dans leurs efforts. Finalement, la qualité de l’enseignement est fonction du facteur-clé qu’est l’enseignant et du cours qu’il dispense dans sa salle de classe.

Les enseignants sont des experts en matière d’enseignement et d’apprentissage. Afin de répondre aux exigences de ce profil, les enseignants ont besoin d’une formation solide dans les domaines de la didactique et de la pédagogie. A l’heure actuelle, cette formation est garantie en grande partie au moyen du stage pédagogique. Dans le cadre de la réforme du stage pédagogique, le DP offrira aux détenteurs de diplômes ayant suivi des formations spécialisées davantage la possibilité d’une réduction de stage, ceci pour rétablir un parallélisme avec l’enseignement fondamental.

Trop souvent encore, le système scolaire luxembourgeois délaisse les élèves accusant des lacunes et déficits scolaires ainsi que leurs parents lorsqu’ils demandent un soutien adéquat. Le DP est d’avis que chaque élève motivé doit avoir un accès libre aux cours d’appui scolaire et à des matériaux didactiques de haute qualité dans son école qui lui permettront de combler ses lacunes dans le cadre d’un plan individualisé adapté à ses besoins. Le DP collaborera avec les écoles dans le but d’élaborer des propositions appropriées.

En collaboration étroite avec les pays et leurs représentations respectives, le DP mettra sur pied un réseau de sites à l’étranger où les élèves de l’enseignement secondaire pourront suivre des cours de perfectionnement linguistique en français, en allemand ou en anglais. L’enseignement d’une langue étrangère porte les meilleurs fruits lorsque le candidat est immergé dans l’environnement linguistique et culturel du pays. Les séjours linguistiques permettent non seulement aux élèves de réduire d’éventuelles inhibitions et de communiquer activement dans la langue étrangère, mais ils encouragent également un apprentissage naturel et intuitif de cette langue. Ces colonies de vacances à vocation linguistique peuvent au-delà représenter une alternative judicieuse au travail de vacances et combler des déficits linguistiques pendant les vacances scolaires d’été.

Au-delà du SEPAS (Service psycho-social et d’accompagnement scolaire), le DP mettra en place des équipes socio-éducatives dans tous les lycées. Leur mission sera d’œuvrer dans le domaine de la prévention et de l’animation socio-éducative des jeunes et de développer toute une série d’offres pédagogiques.

Le système scolaire luxembourgeois accuse un absentéisme qui fait que, en moyenne, presque 7% des heures de cours ne sont pas prestées parce que l’enseignant est absent. Rares sont les cas où ces heures sont prestées par un autre enseignant, qui garantit alors la continuation des cours. Pour ce qui est de tous les autres cas, le DP va changer l’actuel système des dites heures de surveillance pour les remplacer par des activités intéressantes issues de programmes pédagogiques (entre autres de l’éducation à la citoyenneté, du développement durable ou encore de l’orientation) qui seront prestées par les équipes socio-éducatives, au grand profit des élèves.

Ce n’est qu’en atteignant, sur le long terme, des normes en matière de personnel qui sont reconnues au niveau international, que nous nous approchons d’un système scolaire inclusif. C’est pourquoi, le DP élaborera un concept d’inclusion cohérent pour les écoles du secondaire, suivant le modèle de l’enseignement fondamental, qui intégrera les centres de compétences nationaux, à savoir CAR (Commission des Aménagements Raisonnables), CEPAS et SEPAS (Service psycho-social et d’accompagnement scolaire). Le DP mettra de même un nombre plus important d’enseignants formés à la pédagogie spécialisée à la disposition des écoles secondaires, afin de permettre et de garantir l’inclusion de tous les élèves. Au-delà, le nombre des centres de compétences en psycho-pédagogie spécialisée, nouvellement créés en faveur de l’inclusion scolaire des élèves à besoins spécifiques (élèves présentant des troubles d’apprentissage, élèves précoces et à haut potentiel, développement socio-émotionnel), sera augmenté afin de garantir le meilleur appui de toutes les écoles dans leur gestion des élèves à besoins éducatifs particuliers.

La révolution digitale ne renferme pas uniquement des opportunités, mais également des risques. Au vu d’une utilisation toujours grandissante des nouveaux médias et d’internet, les questions et défis touchant à la protection efficace des élèves du fondamental et des jeunes en général ne cesse de gagner en importance. Le DP renforcera par conséquent la promotion interdisciplinaire de l’éducation aux médias dans les écoles. Face à un environnement digital et un véritable flot permanent d’informations, les enfants et jeunes doivent garder un esprit critique, savoir discerner et remettre en question des sources en toute conscience.

Tablet Computing est devenu une compétence-clé dans bon nombre de domaines professionnels et devra donc également s’insérer davantage dans le quotidien scolaire. Nous visons dès lors non seulement la généralisation des dites « classes iPad », mais au-delà un équipement one-to-one à court terme dans toutes les écoles. Nous voulons ainsi garantir que tous les élèves puissent bénéficier équitablement des meilleures chances de départ et de conditions d’étude identiques. A côté des compétences médiatiques fondamentales, les élèves devront également s’approprier le bagage digital pour une production créative. Parallèlement, le DP assurera que l’offre en formations continues pour enseignants dans le domaine du numérique soit élargie.

Dans le courant de la modernisation de l’Enseignement secondaire classique (ESC), une nouvelle section dédiée à « l’informatique et la communication » (section I) a vu le jour. Compte tenu du grand succès qu’elle a connu parmi les élèves, ainsi que de l’importante demande qui émane du secteur économique luxembourgeois, cette section I sera généralisée. Dans le cadre de leur exercice de formation des profils propres, de nouvelles écoles du secondaire seront encouragées à élargir leur offre dans le domaine de ces pôles de compétences digitaux.

Dans les années à venir, le coding sera une compétence-clé indispensable du monde professionnel digitalisé. Malgré le fait que l’ordinateur et le smartphone sont des outils de communication quotidiens, bon nombre de personnes ne disposent néanmoins pas du savoir de base concernant le mode de fonctionnement et les langages de programmation des ordinateurs.

Dans le but déclaré de promouvoir la compréhension du monde numérique et la fonctionnalité des ordinateurs, le DP entend insérer le coding dans le programme scolaire. Nous voulons que les enfants du fondamental puissent déjà faire leurs premières expériences de programmation et nous souhaitons leur ouvrir le monde de la logique et des algorithmes pour y faire leurs premiers pas de manière ludique. Par la suite, les cours du secondaire couvriront les digital skills et l’enseignement de différents langages de programmation en tant que thèmes transversaux dans les programmes. En cela, ce sont principalement les cours de mathématiques et de sciences naturelles qui sont visés.

Le DP transposera un concept transversal de promotion des techniques et sciences naturelles au sein de l’éducation nationale. De la crèche jusqu’à l’enseignement secondaire en passant par l’enseignement fondamental, l’intérêt pour les dits cours MINT (Mathématiques, Informatique, Sciences Naturelles et Technologies) sera ainsi stimulé. Cette approche orientera les jeunes de manière optimale dans les écoles vers les filières de formation respectives. La digitalisation galopante, la promotion de nouveaux secteurs comme l’économie circulaire, tout comme l’expansion de la place scientifique luxembourgeoise font qu’une multitude d’emplois sont créés dans les domaines des technologies et des sciences naturelles. Dans ce contexte, le DP s’engage également en faveur d’une collaboration renforcée avec les organisations estudiantines et professionnelles.

Le Luxembourg Science Center qui est établi à Differdange exerce un véritable effet magnétique sur le public, que ce soit auprès des établissements scolaires et structures d’accueil ou encore auprès des familles, groupes et touristes. Des stations d’expérimentation et des workshops offrent aux visiteurs l’opportunité de découvrir le côté palpitant et excitant des sciences naturelles et des technologies. Le DP développera davantage cet espace de découverte scientifique afin d’encourager l’orientation des jeunes vers les formations et professions technologiques et scientifiques.

En étroite collaboration avec les chambres professionnelles, le DP continuera à encourager la formation en alternance, avec l’objectif déclaré de pallier au manque de personnel qualifié. La création d’un BTS en alternance et la possibilité de réussir parallèlement son bac ainsi qu’un DAP pendant l’année d’obtention de diplôme en font partie. Au-delà, il est prévu d’offrir pour chaque formation une formation continue appropriée, pour que les apprentis puissent passer du CCP à travers le DAP au diplôme de technicien pour pouvoir poursuivre ensuite, via le BTS, leur carrière dans l’enseignement supérieur. Ce système offrira à tous les apprentis en formation l’avantage de bénéficier des mêmes perspectives d’avenir, à l’instar des élèves du secondaire classique ou général, et leur offre au-delà la possibilité de s’orienter facilement vers le monde du travail au bout de chaque diplôme obtenu.

Le DP mettra son étroite collaboration avec les chambres professionnelles à profit pour précisément développer la formation continue dans le domaine de l’éducation professionnelle. Les centres de formation continue privés et étatiques devront proposer des offres comparables mais complémentaires, qui ouvriront le cas échéant le droit à la délivrance d’un diplôme étatique.

Le DP ouvrira aux élèves présentant des troubles de l’apprentissage la possibilité d’une certification partielle. A défaut de pouvoir suivre une formation CCP complète, cette certification partielle devra leur permettre de suivre néanmoins des modules isolés, certifiés. Le DP lancera plusieurs projets ciblés sur cette certification partielle.

Dans le but de stimuler l’esprit d’entreprise et l’entreprenariat, le DP introduira un accès gratuit aux brevets de maîtrise.

Enseignement pour adultes et établissements d’enseignement supérieur

Le DP élargira l’offre en BTS (Brevet de Technicien Supérieur) afin de répondre à la demande croissante en main d’œuvre qualifiée. Le BTS certifie l’acquisition de compétences professionnelles de qualité et offre donc une préparation idéale pour entrer dans le monde du travail, surtout dans les branches orientées résolument vers l’avenir et renfermant des perspectives de développement ultérieur importantes. Le DP entend encourager l’offre scolaire prioritairement dans ces branches qui sont porteuses d’avenir.

Au-delà, le nombre de partenariats entre écoles de l’enseignement secondaire et universités et Hautes Écoles spécialisées sera renforcé afin de permettre aux étudiants du BTS de décrocher un diplôme de bachelor après 3 années d’études. Ceci représente une nouvelle voie qui permet d’accroître le nombre d’élèves qui s’orientent vers des études supérieures.

Les progrès technologiques galopants lancent de nouveaux défis tant aux entreprises qu’aux employés de ces dernières. C’est la raison pour laquelle le DP créera des dits Digital Learning Centers, équipés d’une plateforme de formation digitale qui ouvre un accès libre et gratuit sur les contenus de formations notamment offertes par l’Université, les établissements de l’enseignement pour adultes, ou encore l’IFEN et l’INAP. Il est également prévu d’équiper ces centres de ressources techniques (studios de mixage sonore et vidéo) qui peuvent être utilisées à des fins de création digitale en régie propre et à titre gratuit.

Dans ces centres, un accent particulier est mis sur la formation (continue) dans le domaine numérique. Au moyen de l’introduction d’un « chèque formation », le DP offrira à chaque salarié intéressé la possibilité de suivre gratuitement un cours d’introduction dans les bases du monde professionnel digitalisé.

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En étroite collaboration avec les chambres professionnelles, le DP créera une agence d’accréditation dont la mission sera de promouvoir la qualité de la formation professionnelle continue et de garantir la transparence sur le marché de la formation continue. Seuls les prestataires et formations accrédités bénéficieront à l’avenir des subventions allouées par l’État.

Le chemin qui mène vers une société fondée sur la connaissance passe inévitablement par la formation continue et le lifelong learning. C’est pourquoi le DP renforcera l’éducation des adultes au Luxembourg. Ce faisant, les locaux et infrastructures de l’enseignement secondaire seront davantage mis à profit. Le département compétent auprès du ministère se chargera de la coordination des offres. Au moyen de la validation d’acquis antérieurs, de l’expérience professionnelle et de formations continues, les salariés sont censés obtenir l’opportunité d’une qualification supérieure. Les structures et organes de contrôle indispensables à la réalisation de cet objectif devront être créés. Cette fonction incombe à l’État qui en sera pleinement responsable.

Le ZpB a vu le jour sous l’égide de l’actuel gouvernement. Les accents positifs posés à ce jour par cette institution devront être développés et encouragés dans le futur. Le DP est d’avis que l’éducation à la citoyenneté devrait jouer un rôle bien plus important dans tous les établissements scolaires et de formation.