Déi dräi belsch Regioune plangen, am Fréijoer 2027 eng digital Stroossevignette anzeféieren.

Eis Deputéiert Marc Hansen, Corinne Cahen, Gusty Graas a Mandy Minella hunn sech dofir an engem oppene Bréif un de belsche Premierminister Bart De Wever an de wallounesche Minister-President Adrien Dolimont gericht.
Si froen, datt eng kloer Ausnam fir déi belsch-lëtzebuergesch Grenzregioun gepréift gëtt. D’Groussregioun ass e gemeinsame Liewens- an Aarbechtsraum.


D’Grenz ass fir Dausende vu Leit keen Ausfluchszil, mee en Deel vun hirem Alldag. Famillen, Grenzgänger, lokal Geschäfter, Betriber, Veräiner a Sportsclibb kéinten duerch d’Vignettenpflicht zousätzlech belaascht ginn.
Mir respektéieren d’Kompetenze vun de belsche Regiounen. Gläichzäiteg setze mir eis fir eng pragmatesch an equilibréiert Léisung an, déi der Realitéit vun eisem gemeinsame Liewensraum Rechnung dréit.

Oppene Bréif
Objet : Lettre ouverte relative à une demande d’exemption de la future vignette routière belge dans un périmètre déterminé de la zone frontalière belgo-luxembourgeoise
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre-Président,
Suite à l’accord de principe annoncé en juillet 2026 par les trois Régions du Royaume de Belgique en vue de l’instauration d’une vignette routière numérique commune et interrégionale, dont l’introduction simultanée dans les trois Régions est actuellement envisagée pour le printemps 2027, nous prenons la respectueuse liberté de vous soumettre nos réflexions et considérations.
Nous mesurons pleinement tant la répartition constitutionnelle des compétences en cette matière que l’objectif légitime, qui consiste à assurer une contribution équitable à l’entretien des infrastructures routières belges. Notre démarche n’entend donc contester ni la souveraineté de la Belgique ni la faculté de ses Régions de déterminer leur politique de mobilité et leur fiscalité routière. Elle vise à appeler solennellement votre attention sur une situation transfrontalière d’une densité et coopération tout à fait exceptionnelle, qui demande, selon nous, un traitement spécifique.
À ce titre, nous vous demandons respectueusement de bien vouloir examiner et soutenir le principe d’une exemption territoriale, circonscrite à un périmètre clairement déterminé au sein de la zone frontalière belgo-luxembourgeoise. Une telle dérogation permettrait de préserver la fluidité des déplacements de proximité indispensables au fonctionnement quotidien de ce bassin de vie commun, sans remettre en cause le principe général de la future vignette.
L’aménagement sollicité répondrait à la situation objectivement particulière d’un bassin de vie et d’emploi commun, dont l’intégration, patiemment édifiée au fil des générations, profite directement à la prospérité des deux pays. Dans cet espace frontalier, la frontière n’est ni une destination occasionnelle ni une abstraction administrative : elle constitue la trame quotidienne des activités professionnelles, familiales, sociales, éducatives et culturelles. Une telle charge pourrait compliquer les visites familiales, détourner une partie de la clientèle des commerces frontaliers, alourdir les déplacements professionnels et freiner la participation aux activités proposées par les associations et les clubs sportifs établis de part et d’autre de la frontière.
Comme vous le savez, nos deux pays ne sont d’ailleurs pas de simples voisins. Outre le fait que nos familles royales sont étroitement apparentées, des liens humains, culturels et économiques d’une rare intensité nous unissent depuis des générations. Nourrie par la proximité géographique, par des traditions partagées et par une estime réciproque profondément enracinée, cette relation s’est construite dans le respect absolu de l’identité, de l’histoire et des institutions de chacun. Elle constitue aujourd’hui une authentique communauté de destin au cœur de l’Europe.
Cette parenté historique a été convertie, très tôt, en institutions concrètes. Par la Convention signée à Bruxelles le 25 juillet 1921 instituant l’Union économique belgo-luxembourgeoise, la Belgique et le Luxembourg ont fait de leur voisinage un projet institutionnel de prospérité partagée. À l’époque de sa fondation, l’UEBL représentait la forme la plus avancée d’intégration économique et monétaire entre États souverains en Europe ; plus d’un siècle plus tard, elle demeure l’un des socles de notre partenariat privilégié.
Cette vocation pionnière s’est prolongée dans la convention douanière belgo-luxembourgeoise-néerlandaise, signée le 5 septembre 1944 et entrée en vigueur le 1er janvier 1948, puis dans la signature commune, le 18 avril 1951, du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier et, le 25 mars 1957, des traités de Rome. En 1985, la Belgique et le Luxembourg figuraient encore parmi les cinq signataires initiaux de l’accord de Schengen, signé à Schengen, au Luxembourg, le 14 juin 1985. Enfin, n’oublions pas le Parlement Benelux, institué le 5 novembre 1955, qui constitue un forum privilégié pour l’échange de vues sur les enjeux d’intérêt commun à nos trois pays. Nos États ne se contentent donc pas d’appartenir aux mêmes organisations : ils ont, à plusieurs reprises, contribué ensemble à les fonder et à ériger la libre circulation structurant l’Europe d’aujourd’hui.
Cette communauté de destin ne relève pas seulement de l’histoire institutionnelle. Elle s’exprime dans des coopérations culturelles et universitaires vivantes, notamment au sein du groupement transfrontalier Université de la Grande Région, dont l’Université de Liège et l’Université du Luxembourg sont partenaires, ainsi que dans les échanges artistiques et humains célébrés notamment lors des visites d’État du Roi et de la Reine de Belgique au Luxembourg du 15 au 17 octobre 2019 et du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse de Luxembourg en Belgique, du 16 au 18 avril 2024. Elle se manifeste surtout, chaque jour, dans la vie de dizaines de milliers de personnes établies de part et d’autre de la frontière.
Cette interdépendance peut être mesurée de façon précise dans les données économiques. En 2024, les échanges de marchandises entre la Belgique et le Luxembourg se sont élevés à près de 9,8 milliards d’euros, la Belgique étant le premier pays de provenance des importations luxembourgeoises de marchandises en valeur. En moyenne annuelle en 2025, quelque 51 900 salariés frontaliers résidant en Belgique étaient occupés au Luxembourg. Au 1er janvier 2026, 18 253 résidents du Grand-Duché étaient de nationalité belge. En Belgique, près de 28.000 résidents ont la nationalité luxembourgeoise. Ces chiffres ne décrivent pas un phénomène périphérique, mais un espace économique et social profondément imbriqué, dont l’équilibre repose sur la fluidité, la prévisibilité et la proportionnalité des conditions de circulation.
Une attention particulière mérite dès lors d’être portée aux effets concrets que pourrait entraîner la nouvelle vignette. Dans ce bassin de vie, son application aux déplacements de proximité indispensables du quotidien pourrait constituer une charge nouvelle. Elle pourrait également affecter les commerces de proximité et le dynamisme des régions concernées, ou favoriser un report de circulation vers les voiries locales, avec des conséquences possibles pour la sécurité routière, l’environnement et la qualité de vie.
La détermination concertée d’un périmètre frontalier adapté permettrait de tenir compte, avec mesure, de l’intensité réelle des déplacements de proximité et des continuités économiques et sociales qui structurent cet espace. Une telle approche, géographiquement circonscrite et fondée sur des critères objectifs, concilierait la mise en œuvre de la politique belge de mobilité avec la préservation du fonctionnement quotidien du bassin de vie belgo-luxembourgeois.
Lors de la Gäichel XIII, la treizième réunion commune des Gouvernements belge et luxembourgeois, tenue le 23 mars 2026, les deux Gouvernements ont réaffirmé que la libre circulation constituait un élément essentiel du quotidien de leurs citoyens et de leurs nombreux travailleurs frontaliers, tout en plaçant la mobilité et les infrastructures partagées parmi les priorités de leur coopération. La modernisation de l’axe ferroviaire Luxembourg-Bruxelles et la mise en place, depuis décembre 2025, d’une liaison directe Libramont-Arlon-Luxembourg procèdent du même dessein : rapprocher les territoires et faciliter les mobilités quotidiennes. L’instauration d’un périmètre frontalier exempté donnerait une traduction concrète, cohérente et immédiatement perceptible à ces engagements récents.
Nous sommes convaincus que les concertations en cours permettront de dégager une solution équilibrée, respectueuse de l’ordre institutionnel belge, du droit de l’Union européenne et des intérêts légitimes de toutes les parties. C’est dans cet esprit de confiance et d’amitié que nous soumettons cette demande à votre bienveillante considération.
Au moment où les modalités de la vignette demeurent en cours de finalisation, il est encore possible d’anticiper et de prévenir des difficultés nouvelles dans l’un des espaces transfrontaliers les plus intégrés et les plus dynamiques d’Europe. Établir la zone frontalière sollicitée reviendrait à reconnaître, avec discernement, une réalité humaine, sociale et économique singulière. Ce serait également inscrire cette décision dans la tradition la plus féconde de l’amitié belgo-luxembourgeoise, dont la force a toujours résidé dans la recherche de solutions pragmatiques, équilibrées et respectueuses aux défis communs.
Nous vous remercions de l’attention bienveillante que vous voudrez accorder à la présente demande et vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre-Président, l’expression de notre très haute considération.
Marc Hansen
Député luxembourgeois
Corinne Cahen
Députée luxembourgeoise
Gusty Graas
Député luxembourgeois
Mandy Minella
Députée luxembourgeoise
Copie à :
– Président de la Chambre des représentants de Belgique
– Président du Sénat de Belgique
– Président du Parlement de Wallonie
– Présidente du Parlement Benelux
– Ministre-président de la Communauté germanophone de Belgique
– Ministre fédéral chargé de la Mobilité
– Ministre wallon chargé de la Mobilité
– Ambassadeur du Royaume de Belgique auprès du Grand-Duché de Luxembourg
– Presse luxembourgeoise
– Presse belge



