Jean Hamilius

Jean Hamilius – Un marronnier debout sur le « Eecherfeld »

Quel cadeau apportez-vous à un homme qui a déjà tout ?

Avant de partir à sa rencontre, je cueille un marron sur l’arbre devant le bureau de la fraction du DP et je le mets sur mon tableau de bord.

Jean Hamilius vit depuis très longtemps sur le « Eecherfeld », il en a dessiné lui-même les plans. En fait, il s’agit d’une maison et d’un chalet à la fois : « Ici, vous êtes en ville, mais aussi en dehors du centre-ville. C’est idéal pour un homme politique qui est (était) souvent sur la route le weekend ». Jean Hamilius est un vrai citadin. Au début du siècle dernier, sa famille était propriétaire du magasin Lassner sur le Knuedler. Pendant très longtemps, c’était le plus grand magasin de ce type dans le pays : “Nous avions la meilleure qualité. Les gens ne disaient pas, nous avons de l’argenterie de Rosenthal, ils disaient, notre argenterie est de Lassner”. La famille est « de bons catholiques », comme c’était la tradition à l’époque. La tante est mariée au frère de son éminence Origer du Wort.

Nuages sombres

Pendant ses années de lycée dans le « Kolléisch », Jean Hamilius est très conscient de ce qui se passe en Allemagne. Le père parle de « nuages sombres » chez les voisins. À 16 ans, Jean est appelé comme assistant dans l’armée de l’air et s’entraîne une demi-journée sur le canon anti-aérien « Flak ». Cependant, la cinquième division de l’armée américaine arrive à temps au Luxembourg. À l’insu de ses parents, Jean a déjà organisé une cachette dans le Limpertsberg – avec Raymond Hagen, le chef des scouts de Jean.

Le jeune Chico, 17 ans, devait alors rejoindre les Américains en tant qu’interprète en Allemagne, mais l’offensive Rundstedt l’a évité. Après la libération, Jean retourne au Kolléisch et commence plus tard des études à l’ULB de Solvay de Bruxelles.

Jean Hamilius
Jean Hamilius

Bourse américaine à Helsinki

Le jeune Chico, 17 ans, devait alors rejoindre les Américains en tant qu’interprète en Allemagne, mais l’offensive Rundstedt l’a évité. Après la libération, Jean retourne au Kolléisch et commence plus tard des études à l’ULB de Solvay de Bruxelles.

Jean ne veut pas faire de politique à ce moment-là, mais il devient néanmoins membre fondateur des Jeunes Démocrates. Il a vécu personnellement la fondation du Parti démocratique par son père, Eugène Schaus, Lucien Dury et d’autres. Les réunions se tenaient dans le salon familial et la chambre de Jean était juste à côté où il écoutait tout ce qui se disait. Jean Hamilius ne s’intéresse pas au magasin Lassner. Il ne s’entend pas avec son oncle Paul. Alors les choses vont assez vite. Après un premier emploi au Columeta de l’ARBED, il s’associe avec M. Gerbes afin de créer une fiduciaire. C’est le début d’une grande carrière dans les services financiers, où il devient, entre autres, président de l’ancien Crédit Européen.

En 1952, le coureur de la SPORA fait partie du relais 4x400m (Hamilius, Rasquin, Hammerel, Schaefer) aux Jeux Olympiques d’Helsinki. Il observe la victoire de Josy Barthel sur le 1500m à travers un petit ensemble de fenêtres sous la tribune. C’était une course un peu lente, et il a tout de suite su : « Josy va gagner cette course, c’était un sprinter très fort ».

Dans la seconde rangée

En 1974, Jean Hamilius a organisé avec Luss Emeringer une campagne électorale moderne pour Gaston Thorn: « Nous avons été stricts. Il n’y a pas eu de campagne privée. Nous devions être d’accord! ». Finalement, Jean devient membre du gouvernement dans la coalition DP-LSAP, mais il n’est pas vraiment enthousiaste pour ses portefeuilles de l’agriculture et des bâtiments publics. En tant que réviseur d’entreprise, il avait espéré d’être nommé ministre de l’Économie. « On m’a essentiellement donné ce qui restait ». Eh bien : « J’étais heureux et fier d’avoir fait partie de ce gouvernement ».

Dans le prochain gouvernement Werner-Thorn, Jean Hamilius n’est plus disponible pour occuper le poste de ministre. Lui et Jaques F. Poos (membre après la réorganisation en 1976) sont les deux derniers ministres du gouvernement Thorn-Vouel encore en vie. « J’étais malheureux, ce fut un coup dur pour moi », dit Jean Hamilius, qui fait preuve d’un certain recul en ce qui concerne le vote interne du DP après les élections municipales de 1981, quand Camille Polfer n’a pas pu prendre le poste et lorsqu’il a fallu choisir entre Lydie Polfer et Jean Hamilius.

Finalement, Lydie Polfer est devenue maire : « C’était mon rêve de devenir maire de la ville de Luxembourg. Néanmoins, Lydie est mon amie et elle a rapidement prouvé ses qualités et sa valeur à l’époque ».

Jean Hamilius
Jean Hamilius et Robi Sinner

Fou de colère et puis un livre

Après avoir mis fin à sa vie professionnelle, Jean Hamilius a pu réellement profiter de son refuge chez lui. Jusqu’à ce qu’il s’indigne de la façon dont les jeunes historiens ont interprété le rôle des Luxembourgeois pendant la Seconde Guerre mondiale. « Je me suis dit qu’il fallait défendre tous ceux qui ne sont plus là pour se défendre ». C’est également ce qui l’a poussé à écrire le livre Luxemburg im Wandel der Zeit (Le Luxembourg à travers les âges), qui s’est finalement avéré être bien plus qu’une simple réponse historique. Depuis, Jean Hamilius publie des textes sur son blog jeanhamilius.lu : « Je ne veux pas m’imposer avec des lettres à l’éditeur. Sur mon blog, je ne dérange personne et seuls ceux qui sont intéressés le liront ».

Je suis d’accord avec Xavier à 100%

À la fin de notre entretien, Jean me montre fièrement son jardin et un magnifique marronnier qu’il a planté il y a de nombreuses années. Il est temps de poser une dernière question : Jean, Gambia avait-elle raison en 2013 de ne pas parler du tout au CSV ? « Je suis tout à fait d’accord avec Xavier, à 100%. S’ils avaient entamé des discussions avec le CSV, cela n’aurait abouti à aucun résultat.

La pression – également interne – serait devenue énorme. La chance historique aurait disparu. Le CSV aurait peut-être donné à Xavier le poste du Premier ministre, seulement pour qu’il en reste membre. Si cela n’est pas fait rapidement du jour au lendemain, la chance a disparu ».

Avant de partir, je prends mon marron sur le tableau de bord et je l’échange contre un marron de l’Eecherfeld.

Finalement, lorsque j’ai dit au revoir à Jean, il se tenait tout droit, comme son marronnier. Tous les deux solides, les pieds bien au sol.

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