Notre agriculture aura-t-elle besoin de plus d’eau ?

L'eau est une ressource vitale, également pour notre agriculture. Après les nombreux étés chauds, les députés DP Gusty Graas et André Bauler ont demandé aux ministres responsables combien l'agriculture, l'horticulture et la viticulture ont besoin à l’heure actuelle et également à l'avenir.

« L’eau est une ressource essentielle en agriculture.

L’agriculture et la viticulture dépendent du climat. Des conditions climatiques changeantes entraînent des déséquilibres entre précipitations et besoins des cultures durant leur période de végétation. Elles ont un impact notable sur les rendements et la qualité des produits agricoles.

Les situations de stress hydrique ou les sécheresses induites par des étés plus chauds ont des répercussions sur les sols au Luxembourg. De plus en plus souvent l’irrigation doit être utilisée en complément des précipitations naturelles.

Dans ce contexte, nous aimerions poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre de la Viticulture et du Développement rural et à Madame la Ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable :

  1. Est-ce que, le cas échéant dans le cadre d’une étude, il a été détecté dans quelles filières de l’agriculture domestique des systèmes d’irrigation s’avéreraient indispensables durant les années à venir pour garantir la production de certaines cultures?
  2. Les ministères ont-ils déjà pu évaluer les besoins en eau actuels et futurs de l’agriculture, de la viticulture et de l’horticulture ?
  3. Quelles sont les techniques d’irrigation appliquées actuellement au Luxembourg ?
  4. Est-ce que l’exploitation d’un système d’irrigation nécessite une autorisation préalable des ministères ? Dans l’affirmative, combien de demandes pour exploiter un tel système ont été introduites ces dernières années ? Combien de ces demandes ont été autorisées? »

Äntfert

1) Est-ce-que, le cas échéant, dans le cadre d’une étude, il a été détecté dans quelles filières de l’agriculture domestique des systèmes d’irrigation s’avéreraient indispensables durant les années à venir pour garantir la production de certaines cultures ?

Les périodes de sécheresse longues, surtout quand elles sont combinées à des températures élevées avec un ensoleillement intense, peuvent avoir des effets néfastes sur toutes les cultures. Le changement climatique, surtout avec la montée des températures, risque d’accroître la fréquence de telles situations à l’avenir.

Des raisons d’ordre technique peuvent s’opposer à l’irrigation des cultures. Ainsi, dans la majorité des cas, il n’y a pas d’eau aisément disponible ou, par exemple, la topographie des parcelles agricoles n’est pas favorable à l’installation d’un système d’irrigation. La mise en place et l’exploitation de tels systèmes doivent être économiquement raisonnables. Pour les cultures qui n’ont que des faibles valeurs à l’hectare ceci n’est en général pas le cas.

Les cultures horticoles, comme le maraîchage, l’arboriculture fruitière ou la production de plantes ornementales, pour lesquelles les pertes de rendement liées à un stress hydrique engendrent des pertes financières importantes, sont celles où le recours à l’irrigation est crucial. Aussi l’irrigation des jeunes cultures de vigne pendant des périodes de sécheresse intense s’est avérée nécessaire pendant les dernières saisons estivales.

2) Les ministères ont-ils déjà pu évaluer les besoins en eau actuels et futurs de l’agriculture, de la viticulture et de l’horticulture ?

Les prélèvements totaux d’eau se chiffrent en moyenne à environ 132.000 m3/jour (2018), dont environ 121.000 m3/jour sont distribués par des réseaux d’approvisionnement public en eau potable (communes, syndicats intercommunaux). 11.000 m3/jour sont prélevés par des captages privés.

Parmi les 132.000 m3/jour, le secteur de consommation le plus important est celui des ménages (60 % de la consommation moyenne), suivi du secteur tertiaire/industrie (23 %) et de l’agriculture (8 %).

Une étude portant sur les besoins futurs en eau potable effectuée en 2016 pour le compte de l’Administration de la gestion de l’eau a montré que le Luxembourg connaîtra à moyen et long terme une augmentation considérable de la consommation en eau potable (190.000m3/jour au niveau des réseaux d’approvisionnement public à l’horizon 2040), en grande partie due à la croissance rapide de la population et de l’économie. Il est difficile de réaliser des prévisions précises au niveau du secteur agricole, viticole et horticole, étant donné que cette évolution dépend fortement de l’orientation de la politique agricole dans les années à venir, ainsi que des adaptations nécessaires suite aux changements climatiques.

Néanmoins les demandes d’autorisation pour la réalisation de forages en vue de l’exploitation de l’eau souterraine ont significativement augmenté ces dernières années. La plupart de ces demandes se rapportent à l’abreuvage de bétail.

3) Quelles sont les techniques d’irrigation appliquées actuellement au Luxembourg ?

L’irrigation par asperseur est souvent utilisée dans les cultures maraîchères de plein champ. Les systèmes de micro-irrigation ou goutte-à-goutte, sont appliqués dans l’arboriculture, la viticulture, , certaines cultures de légumes de plein champ et pour les légumes sous serre.

Le système d’arrosage par submersion ou inondation n’est pas utilisé au Luxembourg.

4) Est-ce que l’exploitation d’un système d’irrigation nécessite une autorisation préalable des ministères ? Dans l’affirmative, combien de demandes pour exploiter un tel système ont été introduites ces dernières années ? Combien de ces demandes ont été autorisées ?

Les prélèvements d’eau de surface et d’eau souterraine sont soumis à autorisation conformément à l’article 23 de la loi modifiée du 19 décembre 2008 relative à l’eau. Depuis 2015, au total 108 demandes d’autorisation ont été introduites en majorité pour des prélèvements par forages-captages d’eau souterraine en vue de l’abreuvage de bétail. Les demandes de prélèvement pour l’exploitation d’un système d’irrigation restent marginales.

Les demandes d’autorisation se répartissent de manière suivante en fonction des années :

Année201520162017201820192020(jusqu’au 25/11/20)2015 à 2020
Nombre de dossiers121211102825108

En ce qui concerne la réalisation de forages-captages, une vérification préliminaire (« screening ») en vue d’une réalisation éventuelle d’une évaluation des incidences sur l’environnement conformément à la loi du 15 mai 2018 relative à l’évaluation des incidences sur l’environnement est nécessaire avant l’introduction d’un dossier de demande d’autorisation suivant la loi modifiée du 19 décembre 2008 relative à l’eau.

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